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Une association d'amis de Gustave Courbet demande à Macron son entrée au Panthéon

Le Panthéon.

Le Panthéon. - AFP

L'association met en avant l'"engagement républicain", l'"empathie pour la femme" et le respect de la nature du peintre.

Une association de défense de la mémoire de Gustave Courbet a demandé ce lundi au président Emmanuel Macron, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, de l'admettre au Panthéon, pour son "engagement républicain", son "empathie pour la femme" et son respect de la nature.

Alors que le chef de l'Etat s'est rendu à Ornans (Doubs), sa ville natale, où il a exalté le "goût pour la liberté" et "la volonté de transgresser" de ce grand maître du réalisme, une association "le Banquet du bicentenaire" organisait une série de commémorations près du Musée d'Orsay, avec la participation notamment du cinéaste Romain Goupil, de l'écrivaine Michèle Audin et du physicien Etienne Klein, à proximité du Musée d'Orsay, Ce musée est celui qui a la grande collection de Courbet (1819-1877), dont la fameuse "Origine du Monde".

Un défenseur de la paix

Dans leur lettre, les amis de Courbet demandent à Emmanuel Macron de "considérer que si des militaires, écrivains, scientifiques sont déjà largement représentés dans ce temple de la République reconnaissante, aucun peintre, aucun sculpteur, aucun photographe n'est entré depuis plus de deux siècles" au Panthéon.

Soulignant sa proximité avec Victor Hugo dans la lutte républicaine contre le Second Empire, ils rappellent qu'en 1870, Courbet "n'oublia pas d'exhorter les artistes allemands en faveur de la paix". "Innocent dans la chute de la colonne Vendôme, il fut iniquement condamné et jamais réhabilité" pour son engagement en faveur de la Commune. Comme Hugo, il avait souhaité "les Etats-Unis d'Europe".

"En honorant Courbet, ce sont la paix, l'amitié avec l'Allemagne et l'Union européenne que vous honorerez", plaident-ils.

"Le peintre de la femme"

"Courbet est aussi le peintre de la femme telle qu'en elle-même, hors de toute idéalisation factice. Son regard fut exempt de toute domination masculine", jugent-ils. Et "Gustave Courbet n'avait qu'une maîtresse : la nature. En honorant Courbet, c'est notre conscience du vivant que vous honorerez".

Un cortège avec un âne, des mimes, une table ronde d'artistes au Bistrot de Paris: plusieurs centaines de personnes ont "honoré un peintre qui a peint les pauvres et les périphéries, le monde animal et végétal, les femmes telles qu'elles sont", résume le psychanalyste Yves Sarfati, un des organisateurs avec l'historien de l'art Thomas Schlesser.

"Ce que la République seule a fait (sa condamnation), seule la République peut le défaire, en reconnaissant le soutien indéfectible de Courbet à la République", souligne-t-il.

Cyrielle Cabot avec AFP