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PPDA contre-attaque

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Le présentateur du JT de TF1 a confirmé son départ et a dénoncé la « brutalité » de son éviction.

Après l'avoir appris dans la presse en début de semaine, Patrick Poivre d'Arvor a confirmé hier dans un communiqué à l'AFP qu'il quittait bien le fauteuil de présentateur du JT de TF1. PPDA parle de la « brutalité » de cette décision, explique que la direction ne lui a pas donné « la moindre explication sérieuse » et estime qu'il méritait « un peu plus d'élégance » (Retrouvez l'intégralité du communiqué de PPDA à la suite de l'article). De son côté, TF1 pourrait communiquer aujourd'hui « sur l'organisation de l'information » au sein de la chaîne, et Robert Namias, le directeur de l'information, a confirmé aujourd'hui son départ « dès ce soir 20h ».

Une rédaction chamboulée

La rédaction de TF1 a, comme PPDA, appris tous ces changements par la presse. Une situation et des changements qui inquiètent Marcel Caron, rédacteur en chef à TF1 et délégué CFTC au sein de la chaîne, « Ca surprend. Il n'y a aucune prévision du départ de Poivre. Vous auriez parié ça, je vous aurais dit que je n'y croyais pas. C'est un professionnel, il continue à présenter le journal sans rien montrer. Par contre, il est surpris et déçu, il est beaucoup touché. C'est quelque chose qui lui fait mal. Nous aujourd'hui, on demande à notre direction de nous dire un petit peu ce qu'il s'est passé, avoir des précisions. Pourquoi ça, pourquoi de cette manière ? Nous on apprend ce qui se passe dans notre entreprise par des coupures de presse. Patrick c'est pareil. Il a dû discuter avec la direction et il nous en dira plus dans les jours qui vont venir. Pour l'instant on demande des explications et un organigramme pour savoir où l'on va. Il y a des craintes, il faudra les dissiper. En tout cas notre organisation sera là pour l'aider ».

Une « brutalité » de la part de TF1 qu'a confirmé Christine Ockrent, journaliste et directrice générale de France Monde, : « TF1 n'a jamais vraiment été connue pour faire dans la douceur, j'en ai moi-même quelques souvenirs quand j'ai été virée. Je comprends très bien l'amertume de Patrick, qui est évidemment un pilier de cette chaîne depuis 20 ans. Mais je crois qu'au-delà des problèmes de personnes, qui sont toujours les plus douloureux, ce qui est très intéressant dans cette espèce de maelstrom médiatique auquel on assiste, c'est la remise en cause des formats et des besoins des gens. Ca explique en particulier le succès de RMC, on vit une époque où les exercices classiques comme le 20h tel qu'on le fait depuis 30 ans ne correspondent plus trop aux habitudes de vie et à la manière qu'ont les gens de s'informer, de se divertir, de s'évader. Il y a là pour TF1 et d'autres chaînes classiques un vrai défi ».

La remplacante de PPDA est déjà connue, il s'agit de Laurence Ferrari, venue de Canal+ où elle animait l'émission politique Dimanche+.

Le texte complet du communiqué de Patrick Poivre d'Arvor à l'AFP :

« Je prends acte de la décision de TF1 de m'écarter de la présentation du journal télévisé de 20h00.

J'ai eu la surprise d'apprendre cette décision lundi, comme tout un chacun, en découvrant la une des journaux.

Les dirigeants de TF1 me l'ont, depuis, fébrilement confirmée, sans me donner la moindre explication sérieuse.

La brutalité de cette décision est d'autant moins compréhensible que je pense avoir accompli ma tâche, durant plus de 20 ans, avec dignité, professionnalisme et une efficacité qui a permis à TF1 de devancer tous les soirs, sans exception, une concurrence talentueuse.

Avec toute la rédaction et la direction de l'information, j'ai souhaité garantir l'indépendance de TF1. Le respect des téléspectateurs a, en effet, toujours guidé mon action. Et je veux espérer que la réorganisation programmée de l'information de la chaîne n'entraînera pas d'autres licenciements ni de mise au pas de ses journalistes.

Après toutes ces années, ces exigences journalistiques méritaient, je pense, un peu plus d'élégance. Je remercie tous les téléspectateurs de m'avoir accordé leur confiance tout au long de ce parcours ».

La rédaction et Hugo Perrier