BFMTV

Les bouquinistes parisiens bientôt protégés par l'Unesco?

Les bouquinistes parisiens souhaitent que leur profession soit inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, afin de faire reconnaître et protéger leur métier.

Ils font partie de la carte postale parisienne. Sur les bords de Seine, les bouquinistes et leurs mythiques boîtes vertes sont incontournables.

"Les bouquinistes, c'est un métier pluri-centenaire, c'est peut-être le dernier petit métier typiquement parisien. Il n'y a qu'à Paris qu'il y a une librairie à ciel ouvert au bord du fleuve de cette importance", rappelle Jérôme Callais, président de l'association des bouquinistes de Paris. 

Depuis 1991, les rives de la Seine dont les bouquinistes sont partie prenante sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco. Mais avec son association, Jérôme Callais souhaite que ce soit la profession qui soit reconnue, en étant inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.

Un contexte difficile pour les bouquinistes

Ce voeu intervient dans un contexte difficile pour ces quelque 200 commerçants des bords de Seine. Les bouquinistes traditionnels sont depuis quelques années confrontés à une baisse des achats de livres mais aussi à la concurrence de vendeurs de babioles touristiques.

"C'est maintenant qu'il faut le faire et pas dans 10 ou 20 ans", plaide Jérôme Callais. "C'est une façon de redonner du peps, le moral. Certains de mes collègues considèrent que c'est foutu, qu'on est la dernière génération. C'est un moyen de les convaincre, qu'il y a de l'espoir", ajoute-t-il encore. 

Des démarches longues

Ce classement au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco permettrait surtout de mettre un coup de projecteur sur leur profession et de leur assurer une meilleure protection. Cette démarche a reçu le soutien de la maire LR du 5e arrondissement, Florence Berthout. Cette dernière proposera la semaine prochaine devant le Conseil de Paris, un voeu demandant à la municipalité d'appuyer le dossier.

"Ce qu'on a vu, c'est qu'à chaque fois qu'il y a une inscription au patrimoine mondial de l'Unesco, on voit un regain d'attention pour l'objet qui est protégé, là ce serait un métier. Avec des touristes qui viennent en plus grand nombre, qui s'intéressent en plus grand nombre. Ca dope le tourisme, ça dope les achats", souligne Florence Berthout. 

Mais le processus est encore loin d'aboutir. Il faudrait auparavant inscrire les bouquinistes à l'inventaire français du patrimoine culturel immatériel, avant un dépôt de candidature auprès de l'Unesco par la France. Une lettre a été adressée à la ministre de la Culture Françoise Nyssen. 

C. B avec BFM Paris