BFMTV

L'alimentation à base de viande crue ou BARF n'est pas sans risque pour les animaux

Boogy, un golden retriever en route pour son rendez-vous vétérinaire à Byblos, au Liban. (Photo d'illustration)

Boogy, un golden retriever en route pour son rendez-vous vétérinaire à Byblos, au Liban. (Photo d'illustration) - Joseph Eid - AFP

Une étude a relevé dans des portions alimentaires BARF en vente dans le commerce de hauts taux de bactéries, parfois résistantes aux antibiotiques et/ou transmissibles à l'homme. Certaines comme E.coli peuvent avoir de graves conséquences. L'échantillon est toutefois restreint.

Manger cru, c'est de plus en plus fréquent chez les chats et les chiens domestiques mais pas sans risque. Outre sa dose de viande quotidienne, Médor risque bien d'ingurgiter (mais aussi de transmettre) de nombreuses bactéries, dont certaines résistantes aux antibiotiques, selon une étude publiée ce mercredi. Si elle se base sur un échantillon restreint, elle pointe néanmoins des failles dans un régime alimentaire qui a le vent en poupe. 

L'alimentation à base de viande crue (dite BARF ou raw feeding) fait de plus en plus d'adeptes chez les propriétaires des 140 millions de chats et de chiens d'Europe, de même qu'outre-Atlantique. Certains y voient le secret des dents saines, d'un pelage brillant, voire d'une santé de fer. D'autres un moyen d'éviter les additifs des pâtés et croquettes ou de revenir à l'alimentation originelle de ces chasseurs carnivores. 

Un risque pour les animaux et les humains

Mais plusieurs chercheurs de l'Institut pour la sûreté et l'hygiène alimentaire de l'université de Zurich tirent la sonnette d'alarme: "les BARF peuvent contenir des bactéries pathogènes ou résistantes aux antibiotiques", et représenter un risque pour nos amis à quatre pattes et pour nous-mêmes. Ses résultats sont publiés dans la revue scientifique Royal Society Open Science, une publication de l'Académie des sciences britannique. Des suspicions avaient déjà émané des associations médicales vétérinaires nationales américaine et canadienne. 

Les portions alimentaires à base de viande crue, non cuisinées, non séchées, non pasteurisées, ont été achetées dans différents commerces de six villes suisses ou sur Internet entre septembre et octobre 2018, précise l'étude. Elles ont été transportées et conservées dans des contenants isothermes à -20°C, puis décongelées à 4°C. Les portions ont été analysées avant la date de péremption. Quatre échantillons ont été achetés auprès d'une firme dont la qualité et l'hygiène des produits avait été validée par l'office vétérinaire du comté suisse. 

Trois quarts présentaient un taux de bactéries supérieur à la norme européenne

Pour arriver à leurs conclusions, les chercheurs ont en tout analysé 51 portions d'alimentation pour animaux de compagnie à base de viande crue, originaire de Suisse ou d'Allemagne. Résultat: 37 d'entre elles (73%) avaient un taux d'Enterobacteriaceae supérieur aux normes fixées par la réglementation européenne. Deux (4%) étaient contaminées par des salmonelles, responsables de troubles gastro-intestinaux (diarrhée, vomissements) chez les animaux et les humains. 

Et trente-deux, soit largement plus de la moitié des échantillons, contenaient des bactéries résistantes aux antibiotiques et pouvant être transmises à l'homme, comme par exemple Escherichia Coli (E.coli), une bactérie susceptible de provoquer des troubles graves.

"La résistance aux antibiotiques est un problème qui affecte la société dans son ensemble. Il est important d'identifier les sources de dissémination qui présentent un risque pour la santé animale et publique", notent les chercheurs.
L.A. avec AFP