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Diego, tortue géante des Galapagos, prend sa retraite après avoir sauvé son espèce

La tortue géante Diego, de la sous-espèce Chelonoidis hoodensis de l'île d'Espanola, dans un centre de reproduction en captivité au parc national des Galapagos, le 27 février 2019

La tortue géante Diego, de la sous-espèce Chelonoidis hoodensis de l'île d'Espanola, dans un centre de reproduction en captivité au parc national des Galapagos, le 27 février 2019 - Rodrigo Buendia / AFP

Soixante ans après le début d'un programme de reproduction en captivité au parc national des Galapagos, cette sous-espèce de tortues géantes est considérée comme sauvée. Les quinze tortues reproductrices vont être relâchées, dont Diego, le mâle qui a sauvé l'espèce.

Alors que les mauvaises nouvelles sont nombreuses concernant les disparitions ou menaces d'espèces animales à travers le monde, le début de l'année 2020 marque une victoire pour les tortues géantes de l'île d'Española, dans l'archiel des Galapagos, une province de l'Equateur de l'océan Pacifique.

60 ans après sa mise en place, le programme de reproduction en captivité du Parc National des Galapagos va être fermé, en raison de sa réussite, selon un communiqué publié ce vendredi sur Facebook. La fin de la carrière de mâle reproducteur du célèbre Diego, connu pour une sexualité très active ayant permis de sauver l'espèce.

Un mâle "sexuellement très actif", sauveur de son espèce

L'espèce de tortue géante originaire de l'île d'Española, au nom scientifique de Chelonoidis hoodensis, était sur le point de s'éteindre dans les années 1970: il ne restait qu'une quinzaine de spécimens, et seulement deux mâles, selon le Washington Post. Le Parc National des Galapagos a alors initié un programme de reproduction en captivité pour sauver l'espèce. L'intégration en 1976 de Diego à ce programme a assuré sa réussite, grâce à une vitalité sexuelle hors du commun.

"C'est un mâle reproducteur très actif. Il a énormément contribué à la repopulation de l'île" affirmait Washington Tapia en 2016, experte de la préservation des tortues au Parc National des Galapagos, à l'AFP.

C'est grâce à cette vie sexuelle particulièrement active qu'il a contribué à la naissance d'environ 800 tortues sur les 2000 que compte l'espèce aujourd'hui. Il serait donc le géniteur d'au moins 40% des petits qui ont grandi depuis sur l'île dont il est originaire. Ses origines restent floues : il aurait été capturé par une expédition scientifique sur l'île d'Española entre 1900 et 1959, selon le Washington Post. Il a ensuite passé trente ans au zoo de San Diego, qui lui a donné son nom, avant d'être réquisitionné pour la reproduction.

À plus de 100 ans, une retraite en liberté

La fin du programme "prévoit le retour des 15 adultes reproducteurs" en liberté, dont Diego, qui avoisine les 100 ans - les tortues de cette espèce peuvent vivre 150 ans. Ils seront remis en liberté après une période de quarantaine pour éviter l'importation de graines depuis l'île de Santa Cruz vers celle d'Española, et en préserver ainsi l'écosystème.

Le ministre de l'environnement de l'Equateur, Raúl Ledesma, a annoncé sur son compte Twitter la libération de ce spécimen, très connu. "Le fameux Diego, la tortue géante importée du Zoo de San Siego pour contribuer à la reproduction en captivité de son espèce, revient chez lui sur l'île d'Española, huit décennies après. Nous préparons sa libération pour mars, et fermons le programme de reproduction de l'île".

L'espèce désormais hors de danger sur l'île

"Près de 1800 petites tortues ont été réintroduites sur l'île Española et à présent, avec la reproduction naturelle, il y a environ 2000 tortues", a déclaré à l'AFP Jorge Carrion, directeur du parc national. Cela démontre qu'"elles sont capables de grandir, se reproduire et développer leur vie naturelle", a-t-il ajouté.

Le programme a aussi permis la "restauration écologique" de l'île, notamment "l'éradication des espèces introduites" et "la régénération de cactus", selon le communiqué. 

"La conclusion fut que l'île réunit les conditions suffisantes pour maintenir la population de tortues et lui assurer un développement normal" affirme Washington Tapia, directrice de l'Initiative pour la Restauration des Tortues Géantes.

Le PNG va poursuivre son programme de reproduction en captivité pour quatre autres espèces des îles Floreana, San Cristobal et Isabela de l'archipel, situé à 1.000 km du littoral équatorien et classé au patrimoine naturel de l'humanité pour sa faune et sa flore uniques.

Julia Galan avec AFP