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A Bali, les singes rançonnent les touristes pour plus de snacks

De jeunes macaques jouent dans un temple près de Gilimanuk, à Bali, en Indonésie le 12 novembre 2016.

De jeunes macaques jouent dans un temple près de Gilimanuk, à Bali, en Indonésie le 12 novembre 2016. - Gabriel Bouys - AFP

Au lieu de simplement voler, les macaques ont mis au point un système plus élaboré pour récupérer de la nourriture.

Vos lunettes de soleil contre une banane: c’est à peu près le deal que vous devrez passer au temple d’Uluwatu à Bali (Indonésie) si vous vous faites racketter par un singe.

Construit au sommet d’une falaise, le site abrite une colonie de macaques crabiers qui s’agglutinent autour des touristes pour chaparder leurs effets personnels.

Jusque là, rien de très surprenant. Mais ce qu’une primatologue de l’université de Liège en Belgique avec une étude de quatre mois publiée dans la revue scientifique Primates, c’est qu’en plus de voler, les macaques se sont mis à rançonner les touristes et le stand de tickets.

S’ils n’ont encore kidnappé personne en échange d’une rançon, les singes s’emparent de chapeaux, appareils photos, lunettes de soleil, et parfois même d’argent liquide, puis attendent qu’on leur donne de la nourriture avant de laisser tomber leur butin et s’enfuir avec leur repas.

Sur 172 vols observés, 110 lunettes ont été volées, 25 casquettes, 24 chaussures, et huit téléphones ou appareils photo.

"C’est un comportement unique. Le temple d’Uluwatu est le seul endroit de Bali où cela a été observé", a expliqué Fany Brotcorne, la chercheuse à l’origine de l’étude, au magazine scientifique New Scientist.

La primatologue a passé quatre mois à observer quatre groupes de macaques sur place, pour tenter de déterminer si c’était un comportement inné ou quelque chose d’appris sur place.

Un comportement appris sur place

Elle a constaté que les deux groupes passant le plus de temps auprès des touristes étaient les plus prompts à voler et troquer leur butin contre de la nourriture, ce qui suggère un apprentissage de la pratique en fonction de l’environnement. Un cinquième groupe de macaques, arrivé un peu plus tard, a commencé à adopter le même comportement, ce qui tend à confirmer l’hypothèse.

Au-delà d’inciter à se méfier des macaques et à garder un oeil attentif sur ses effets personnels, l’étude pourrait aider les chercheurs à en savoir un peu plus sur comment une information est transmise au sein d’un groupe de primates, ce qu’ils comprennent de leurs actions et comment ils les anticipent.

Selon Fany Brotcorne, ses travaux pourraient aussi aider à comprendre l’évolution de nos capacités cognitives et comment le troc et le commerce ont pu apparaître chez l’être humain.

Liv Audigane