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Violences conjugales: le cri d'alarme des gynécologues

Manifestation Nous Toutes en l'honneur des victimes de féminicides.

Manifestation Nous Toutes en l'honneur des victimes de féminicides. - Zakaria Abdelkafi - AFP

Les internes en gynécologie et obstétrique constatent une hausse des consultations dans les hôpitaux pour des violences commises dans le cadre intra-familial. Un chiffre qui pourrait toutefois être en dessous de la réalité, les femmes ne consultant pas en raison du confinement. Ils lancent un cri d'alarme.

"Même en cette période, il faut consulter quand il y a une raison, et là c'est une raison." Les internes en gynécologie et obstétrique lancent un cri d'alarme pour dénoncer la hausse des violences conjugales et des viols commis sur des femmes. "Depuis le début du confinement, nous internes, on constate qu'il y a une hausse des consultations pour des violences commises dans le cadre intra-familial", explique à BFMTV.com Océane Pécheux, présidente de l’AGOF, l’association qui rassemble l’ensemble des internes et des jeunes chefs de gynécologie obstétrique de France.

Les internes, qui assurent les consultations aux urgences gynécologiques et obstétricales et prennent en charge les femmes victimes de violences domestiques et les femmes victimes de viols, craignent que cette recrudescence soit loin de représenter la réalité. "Nous savons déjà qu'il y a beaucoup de femmes, victimes de violences dans leur couple ou victimes de viol, qui ne consultent pas en temps normal", poursuit Océane Pécheux, également interne à Lille, qui redoute "beaucoup de dommages collatéraux" liés au coronavirus.

Consulter malgré le confinement

Le message des internes est double: rappeler que les femmes doivent se confier en cas de violences mais aussi qu'il faut qu'elles consultent, et ce, malgré les restrictions de circulation.

"Depuis le début du confinement, les gens consultent tardivement pour de nombreuses pathologies, rappelle la présidente de l'AGOF. Il faut faire passer le message: il est possible de consulter quand il y a une raison, et les violences conjugales ou les viols sont une raison." 

Au 30 mars, une semaine après le début du confinement, les signalements de violences conjugales ont augmenté de 32% en zone gendarmerie, et de 36% dans la zone de la préfecture de police de Paris. Dans le même temps, la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes reconnaissait que le nombre d'appels au 3919, le numéro pour les femmes victimes de violences recevait moins d'appels. Depuis le gouvernement a rendu accessible par SMS le 114, numéro d'urgence destiné aux personnes sourdes et malentendantes, aux femmes victimes de violences conjugales pendant le confinement. Un système d'alerte a également été mis en place dans les pharmacies.

appel à la prudence pour les femmes enceintes

Les internes en gynécologie et obstétrique lance un appel à la prudence en direction des femmes enceintes qui doivent particulièrement se protéger. Pour l'instant, il y a très peu de données sur un risque plus élevé pour les femmes enceintes de contracter le coronavirus ou de développer des formes aiguës de la maladie. Idem concernant la transmission verticale, c'est-à-dire de la mère à l'enfant, ou sur un risque tératogène, c'est-à-dire que le fait que la mère soit atteinte du covid-19 provoque des malformations sur le foetus.

Le risque le plus important est une augmentation des naissances prématurées. "Si jamais une femme, qui est dans sont troisième trimestre de grossesse, développe une forme grave du coronavirus avec une détresse respiratoire, il faudra faire naître le bébé par césarienne, il y a une prématurité induite", explique Océane Pécheux, présidente de l’AGOF, l’association qui rassemble l’ensemble des internes et des jeunes chefs de gynécologie obstétrique de France.

Justine Chevalier