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Plusieurs centaines d'ambulanciers manifestent place de la Concorde

Des ambulanciers sont réunis place de la Concorde.

Des ambulanciers sont réunis place de la Concorde. - BFM Paris

Plusieurs centaines d'ambulanciers manifestent depuis ce lundi matin entre la place de la Concorde et l'Assemblée nationale. Espérant être reçus par Agnès Buzyn, ils se sont rendus devant le ministère de la Santé puis ont rebrousser chemin pour occuper le haut des Champs-Élysées pendant quelques minutes avant de revenir à la case départ.

Les ambulanciers se sont donné rendez-vous ce lundi matin pour manifester à Paris. Plusieurs centaines d'entre eux étaient présents dès 5h30 avec leurs véhicules de travail face à l'Assemblée nationale, gyrophares et sirènes en marche. En solidarité avec les gilets jaunes, certains manifestants affichaient les fameux gilets sur leurs pare-brises.

Les ambulanciers ont bloqué les différents accès à la place de la Concorde où la circulation a été paralysée. La manifestation a largement été encadrée par des forces de police. 

"On n'a pas dit notre dernier mot"

Les ambulanciers ont finalement rejoint la place Vauban (VIIe arrondissement) non loin du ministère de la Santé. "On nous a dit que la ministre Agnès Buzyn nous attendait mais que la condition sine qua non était de libérer la place de la Concorde", a expliqué Rachid Soukhmani, président de l'association pour la défense des transports sanitaires (ADTS). Cette information n'a pas été confirmée par le ministère.

"Et comme par hasard, elle a eu une réunion en urgence à l'Élysée" et les ambulanciers n'ont pas pu être reçus, a-t-il poursuivi, ajoutant: "on n'a pas dit notre dernier mot". Mécontents de ne pas avoir été reçus par Agnès Buzyn en personne, les ambulanciers ont finalement décidé de rebrousser chemin pour occuper le haut des Champs-Élysées pendant quelques minutes. Selon Rachid Soukhmani, environ 500 véhicules étaient encore mobilisés après 20 heures.

Finalement, les ambulanciers sont revenus à la case départ sur le pont de la Concorde. Ils se disent déterminés et beaucoup songent à dormir sur place cette nuit. L'un d'entre eux a symboliquement mis le feu à son véhicule. 

"C'est soit nous travaillons à perte, soit on met la clé sous la porte"

Les ambulanciers protestent contre l'article 80 du projet de budget de la sécurité sociale, entré en vigueur le 1er octobre, qui a réformé le financement du transport sanitaire. Cette réforme prévoit de confier la responsabilité du financement des transports de patients aux établissements de santé qui doivent réaliser des appels d'offres auprès des ambulanciers. Si cette réforme vise à lutter contre la fraude, les petites entreprises craignent une course aux prix bas et l'impossibilité de faire le poids face aux plus grosses sociétés. 

"Maintenant pour travailler il faut qu'on réponde à des appels d'offre avec des remises. Il faut qu'on fasse la remise la plus importante pour pouvoir travailler. Aujourd'hui, on a deux choix, c'est soit nous travaillons à perte, soit on met la clé sous la porte", déplore un ambulancier sur BFM Paris. 

Sophie Hébrard avec Carole Blanchard