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Paris: le premier adjoint à la Mairie juge "insuffisante" la création d'un 2ème centre d'accueil pour migrants

Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la mairie de la capitale, réclame un plan d'urgence nationale, craignant que la situation s'aggrave avec la fin de la trêve hivernale.

L'Etat a annoncé ce mardi la création d'un deuxième centre d'accueil des migrants d'une centaine de places à Paris. Une décision que salue la Mairie de Paris mais qui reste, selon elle, "insuffisante" face à la situation dans les campements de migrants situés dans le nord de la capitale. 

"La création de ce centre d'accueil et d'examen des situations (CAES) concerne 100 personnes. Mais une capacité de 100 personnes, c'est trop faible: 1.300 ont été recensées vivant dans la boue, sous des tentes et dans une insalubrité inimaginable dans ces campements", a affirmé sur l'antenne de BFM Paris Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Mairie de Paris. "Second problème: les CAES sont réservés aux primo-arrivants. Les dublinés, ces réfugiés pré-enregistrés dans un autre pays, ne prendront donc pas le risque de venir, de peur de se faire immédiatement expulser. Cette mesure reste donc insuffisante."

Créés en mars 2018, les CAES sont destinés à héberger temporairement les migrants et à les orienter en fonction de leur droit au séjour: demandeur d'asile, débouté, etc.

Le préfet a par ailleurs précisé qu'il attendait de la Mairie de Paris qu'elle propose un lieu pour ouvrir ce CAES "le plus vite possible". "Nous mettons déjà à disposition des sites", a voulu rappeler Emmanuel Grégoire. Et de préciser: "si nous avons des sites dans le viseur, ce sont des propriétés de l'Etat". Les détails sur cette structure dépendront du site proposé par la ville mais elle devrait compter "une centaine de places" et ouvrir "dès que possible", a-t-on précisé à la préfecture.

Un plan d'urgence nationale

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a interpellé à plusieurs reprises l'Etat ces dernières semaines pour alerter sur le "chaos" qui règne dans les campements dans le nord de Paris. Elle avait notamment déploré le "déni de la réalité" de l'Etat face à la situation. 

"Il faut que l'Etat comprenne que 1.300 personnes dorment dans les rues de Paris dans des conditions inhumaines et la situation risque de s'aggraver avec le fin des dispositifs hivernaux", a repris Emmanuel Grégoire. "Ce que nous demandons, c'est un plan d'urgence nationale dans lequel la France se doterait de structures d'hébergements qui puissent absorber les 100 nouveaux migrants qui arrivent chaque semaine en Ile-de-France. Il faut aussi sortir de cette vue de l'esprit qui consiste à croire que les dublinés seront raccompagnés à la frontière quand on sait que seul 8% le sont."

Entre 900 et 1800 personnes dans des campements

Au total, entre 900 et 1.800 personnes vivent dans les campements dans le nord de Paris, selon un recensement de France Terre d'asile. Une vingtaine d'ONG et de collectifs citoyens se sont mis en grève ce mardi pour dénoncer l'inaction des pouvoirs publics. 

L'Etat compte également "redéployer les deux accueils de jour ouverts dans Paris" pour les consacrer plus prioritairement à l'accompagnement des réfugiés, toujours présents sur les campements alors qu'ils ont un titre de séjour, a précisé le communiqué. L'Etat dispose déjà en Ile-de-France de cinq centres, d'une capacité totale de 750 places.

Cyrielle Cabot