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Notre-Dame-des-Landes: la justice administrative autorise les travaux de l'aéroport

La cour administrative d'appel de Nantes a autorisé ce lundi les travaux de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les opposants annoncent un recours devant le Conseil d'Etat.

La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté ce lundi l'ensemble des requêtes dirigées contre des arrêtés préfectoraux autorisant les travaux de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, que le gouvernement souhaite lancer à l'automne. 

Les opposants n'ont pas caché leur "déception" et leur "surprise" à l'annonce de cette décision. Ils comptent déposer un recours, non suspensif, devant le Conseil d'Etat. 

La cour pris le contre-pied des préconisations faites le 7 novembre par le rapporteur public. Celui-ci avait demandé l'annulation de quatre arrêtés dits "loi sur l'eau" et "espèces protégées", indispensables au démarrage du chantier controversé. 

"Les requêtes sont rejetées", a égrené lors d'une très brève lecture publique le président de la cour administrative d'appel, à 14 heures précises, sans donner lors de cette audience les motivations des sept juges composant la cour.

"Déception et incompréhension" pour les opposants au projet

"C'est une immense déception. Nous pensions que les conclusions du rapporteur seraient suivies, comme dans 90% des cas", a réagi Françoise Verchère, l'une des requérantes, ancienne élue du Front de gauche de Bouguenais, où est situé l'actuel aéroport nantais. "On y a cru, mais avec prudence (...). Le combat continue", a-t-elle lancé, depuis la salle où s'étaient pressés partisans et opposants du nouvel aéroport nantais, en début d'après-midi. 

"Déception et incompréhension" également pour Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association d'opposants. "On a deux mois pour former un pourvoi devant le Conseil d'État", suivant les attendus des arrêts, ce recours n'étant possible que sur des questions de droit.

Pour Manuel Valls, cette décision "conforte la détermination du gouvernement"

"C'est un fait rarissime", a dénoncé de son côté Yannick Jadot, candidat Europe Écologie-Les Verts à la présidentielle, présent dans la salle. "Je ne peux pas déconnecter cette décision du contexte politique (...), qui nous fait perdurer un mauvais film et un très mauvais scénario", a-t-il avancé. 

Le premier ministre Manuel Valls se félicite de ce jugement dans un communiqué. "Il conforte la détermination du gouvernement à mettre en oeuvre le projet, et à respecter le choix que les habitants ont exprimé lors de la consultation locale. Le gouvernement appelle chacun à en faire de même".

"Il appartient désormais au président de la République, qui ne peut s'exonérer du choix des citoyens et des décisions de justice, d'évacuer la Zad immédiatement et de lancer, enfin, ce projet essentiel pour le Grand Ouest", écrit dans un communiqué le président du SMA, Bruno Retailleau, par ailleurs patron de la région des Pays de la Loire. 

A.Mi avec AFP