BFMTV

Morbihan: 600 croix devant la basilique Sainte-Anne-d'Auray, symboles des agriculteurs suicidés

Jacques Jeffredo pose à côté de quelque 600 croix en mémoire des agriculteurs suicidés, le 11 octobre 2015 à Sainte-Anne-d'Auray, dans le Morbihan.

Jacques Jeffredo pose à côté de quelque 600 croix en mémoire des agriculteurs suicidés, le 11 octobre 2015 à Sainte-Anne-d'Auray, dans le Morbihan. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

Un maraîcher breton, qui propose de faire du 11 octobre une Journée nationale sur le suicide dans le monde agricole, a érigé dimanche devant la basilique de Sainte-Anne-d'Auray (Morbihan) quelque 600 croix symbolisant, selon lui, les 600 agriculteurs se donnant la mort chaque année.

Jacques Jeffredo, 55 ans, a installé tôt dimanche matin, en dépit du vent, les légères croix blanches de polystyrène sur le parvis du sanctuaire, un important lieu de pèlerinage catholique, près de Vannes. La journée est destinée à soutenir les familles des agriculteurs qui se sont suicidés. Une messe sur ce thème a été célébrée par l'évêque de Vannes en fin de matinée dans la basilique devant plus d'un millier de personnes, parmi lesquelles de très nombreux agriculteurs venus de toute la région.

Une stèle représentant un paysan, à la mémoire des agriculteurs défunts, a ensuite été inaugurée, près du sanctuaire, à quelques mètres de la statue de Sainte-Anne d'Auray.

Jacques Jeffredo a lancé une pétition en ligne (sur le site mesopinions.com) pour faire connaître la journée sur le suicide dans le milieu agricole et a recueilli plus de 6.700 signatures depuis le 14 juillet.

"Plus de 600 agriculteurs par an se suicident, soit environ deux personnes par jour, l'équivalent de quatre Airbus (crashés) par an", affirme sa pétition. Un chiffre qui représente plus du double des statistiques officielles (500 suicides recensés dans le monde agricole entre 2007 et 2009, selon l'étude de la mutualité agricole publiée en 2013). Mais Jacques Jeffredo affirme que son chiffre provient d'une collecte empirique de données.

la rédaction avec AFP