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Mixité sociale dans les collèges: 20 départements concernés dès 2016

La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem à son arrivée à l'Elysée pour le conseil des ministres le 5 novembre 2015 à Paris

La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem à son arrivée à l'Elysée pour le conseil des ministres le 5 novembre 2015 à Paris - LIONEL BONAVENTURE, AFP

Dès la rentrée 2016, la ministre de l'Education va initier des expérimentations dans 20 départements pour renforcer la mixité sociale et scolaire dans les collèges.

La carte scolaire va bouger à la prochaine rentrée. Une vingtaine de départements volontaires expérimenteront dès 2016 de nouveaux outils, en concertation avec les parents et l'Education nationale, afin d'améliorer la mixité sociale dans leurs collèges et de tenter de mélanger les enfants favorisés et ceux qui le sont moins.

"Je ne prépare pas le grand soir et je ne veux surtout pas faire le bonheur des gens malgré eux", a pris soin de préciser la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem, consciente du caractère explosif de tout ce qui touche à la carte scolaire en France. "Je ne souhaite pas forcer les familles mais donner envie de mixité sociale. Il faut rendre les établissements plus attractifs", a-t-elle ajouté mardi sur France Info.

Ces expérimentations se dérouleront au sein d'un "territoire pilote" par département: il doit compter plusieurs collèges suffisamment proches pour que les enfants puissent se rendre facilement dans l'un ou l'autre, et les établissements être peu mixtes, a précisé la ministre mardi.

Un classement par ordre de préférence

Les familles d'un secteur multi-collèges pourront classer par ordre de préférence les établissements de leur zone d'affectation. Si les capacités d'accueil ne permettent pas de répondre au premier choix des familles, l'affectation se fera en fonction de critères décidés "avec le département et en associant pleinement" les parents.
Les élèves d'un collège pendant un cours
Les élèves d'un collège pendant un cours © Frank Perry, AFP/Archives

Parmi ces critères à disposition et choisis à l'issue de réunions publiques entre parents d'élèves et départements, figurent: élèves boursiers ou susceptibles de l'être (critère social), distance entre le domicile et le collège, choix pédagogiques (langues étrangères proposées, classes à horaires aménagés...), affectation en fonction de l'école primaire d'origine, maintien des liens amicaux entre élèves, etc.

"Loin de certaines caricatures, on n'est pas là pour couper tout ce qui dépasse, mais au contraire pour inciter tous les établissements à renforcer leur attractivité", plaide Najat Vallaud-Belkacem. 

Deux critères resteront prioritaires: élève handicapé ou bénéficiant d'un traitement médical à proximité d'un collège donné. Sinon, chaque territoire pourra décider de ses critères et de leur ordre de priorité.

Pour en finir avec la 'ségrégation scolaire'

Actuellement, l'enfant est affecté par le département dans un collège en fonction de son lieu de résidence, un système qui accepte quelques dérogations. Construire avec les parents les critères d'affectation et les convaincre des bienfaits de la mixité scolaire sont indispensables à la réussite de ces expérimentations, souligne le ministère. "On ne doit pas imposer d'en haut la mixité sociale", estime Najat Vallaud-Belkacem.

Quant au secteur privé, vers lequel peuvent se rabattre les parents mécontents des collèges publics, "il souhaite s'engager davantage sur les questions de mixité sociale", selon elle. L'efficacité de chacune des expériences menées sera évaluée à peine quelques mois plus tard: y a-t-il eu réduction de la ségrégation sociale? Quelles ont été les conséquences pour les résultats des élèves et le climat scolaire?

Convaincre des parents de plus en plus angoissés des bienfaits de la mixité sociale est cependant difficile. Il faut donc leur prouver qu'un collège mixte peut tendre vers l'excellence scolaire et que côtoyer des jeunes différents leur permettra d'être plus à l'aise dans leur vie professionnelle future. Les départements concernés à ce stade par l'expérimentation sont: Doubs, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Seine-Saint-Denis, Haute-Savoie, Loire, Hérault, Meurthe-et-Moselle, Maine-et-Loire, Eure-et-Loir, Indre-et-Loire, Paris, Charente-Maritime, Ille-et-Vilaine, Bas-Rhin, Tarn et Haute-Garonne.

A. G. avec AFP