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Les professionnels de santé dans la rue dimanche contre la loi Touraine

Médecins, infirmiers, kinés... Plus de 30.000 professionnels de la santé pourraient descendre dans la rue ce dimanche. Une mobilisation historique, du jamais vu depuis 2002. Mais pourquoi cette levée de boucliers contre la loi de santé de Marisol Touraine? Eléments de réponse.

Généralistes, chirurgiens, internes, mais aussi infirmiers ou kinésithérapeutes: le monde médical défilera dimanche en rangs serrés contre le projet de loi santé porté par Marisol Touraine.

"Non au projet de loi santé. Tous unis pour la santé de demain". Derrière ce mot d'ordre unitaire, les soignants défileront de la place Denfert-Rochereau, dans le sud de Paris, jusqu'au ministère de la Santé, avenue Duquesne, dans le 7e arrondissement.

Grève des gardes et des urgences dès vendredi

Pour amorcer le mouvement, les médecins libéraux sont invités à entamer dès vendredi une grève des gardes et des urgences. Samedi, tous les professionnels de santé sont appelés à fermer leurs cabinets.

A Toulouse, en Haute-Garonne, Patrick Solera, chirurgien dentiste, exerce depuis dix-sept ans. Mais aujourd’hui, il se dit inquiet pour l’avenir de sa profession. En cause notamment le tiers payant généralisé.

"En fait, le tiers payant est une double aberration, affirme Patrick Solera à BFMTV. Parce que d'une part, en tant que patricien dans mon cabinet, j'aurai une surcharge de paperasserie insupportable. Et puis surtout, au niveau des contribuables, ce tiers payant, il va bien falloir le payer."

Le tiers payant plébiscité par les Français

Mais la mesure est plébiscitée par les Français (63% y sont favorables selon un sondage récent) et la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a confirmé lundi que la généralisation du tiers payant aurait bien lieu d'ici à 2017.

Selon le dentiste, la mesure est impossible à mettre en place. Patrick Solera a une dent contre le gouvernement, et il n’est pas le seul… "Une telle mobilisation unitaire n'a pas eu lieu depuis 2002", lors de mouvements pour la revalorisation des honoraires, estime Éric Henry, un des porte-parole du Mouvement pour la santé de tous, créé par une quarantaine d'organisations qui réclament le retrait pur et simple du projet de loi.

D'autres syndicats, comme la CSMF (principal syndicat de médecins) ou MG France (premier syndicat des généralistes), ainsi que l'Ordre des médecins, plaident plutôt pour une réécriture du texte, dont l'examen doit débuter mardi en commission à l'Assemblée nationale.

C. P. avec Ani Basar et Florian Rivais