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Le père du jeune tué à Sivens: "J'avais dit à mon fils d'être très prudent"

La nuit de dimanche à lundi a été très mouvementée sur le site du barrage de Sivens.

La nuit de dimanche à lundi a été très mouvementée sur le site du barrage de Sivens. - Pascal Pavani - AFP

VIDEO - Sur BFMTV, le père de Rémi, 21 ans, mort dans de mystérieuses conditions à Sivens dans la nuit de samedi à dimanche témoigne de son incompréhension.

Rémi, 21 ans, est mort dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens, dans le Tarn. Les circonstances de son décès sont encore très mystérieuses. Selon le procureur d'Albi, elle a eu lieu lorsque des violences ont éclaté entre une centaine d'opposants et des gendarmes.

Depuis le début du défrichement sur le site de 34 hectares, le 1er septembre, les opposants ont mené toutes sortes d'opérations de guérilla militante pour tenter d'empêcher la destruction d'un réservoir de biodiversité de 13 hectares de "zones humides". Pour eux, ce projet vise à satisfaire des besoins en irrigation surévalués et ne bénéficiera qu'à un faible nombre d'agriculteurs. Un rapport d'experts mandatés par le gouvernement leur donne en partie raison, jugeant le projet surdimensionné et son coût d'investissement (8,4 millions d'euros) élevé.

"Je lui avais dit d'être très prudent"

"Il faisait des études d'environnement, il était sensible aux questions d'écologie. C'est pour ça qu'il est allé à Sivens samedi matin", raconte son père, rencontré par BFMTV. "Il y a visiblement eu des violences le soir, et je crois qu'il est allé au combat. Il n'y était pas préparé, il n'avait pas de casque ni rien pour le protéger", regrette-t-il. "Je suis quand même très étonné qu'on en arrive à de telles violences aujourd'hui."

Rémi avait évoqué l'idée de se rendre à Sivens avec son père, en juillet dernier. "Je lui avais dit de faire très attention, et d'être très prudent, comme tous les pères...", explique-t-il. "J'espère que cette autopsie permettra d'avoir une idée précise des causes de sa mort."

Deux versions d'une même scène

De son côté, le procureur d'Albi, Claude Dérens, a fustigé le comportement des militants dans la nuit de samedi à dimanche. "Les gendarmes présents étaient retranchés dans l'aire de stockage des engins de chantier et ont été attaqués en règle par un groupe de manifestants violents, approximativement une centaine. (...) En raison de l'avancée des opposants, plus nombreux que les gendarmes qui étaient à peu près 70, le terrain a été balayé par des torches ce qui a permis de repérer le corps d'un homme gisant au sol. Les gendarmes ont immédiatement fait une sortie pour rapatrier le corps" de Rémi, avant de lui donner les premiers secours.

Les opposants n'ont pas la même vision de la scène. L'un d'eux, rencontré par BFMTV, explique que Rémi "était très proche des gendarmes quand il a été tué. Des témoins l'ont vu recevoir des grenades. Il s'est effondré. Ensuite, il a été tabassé à terre par les gendarmes. Puis ils l'ont traîné." Selon lui, Rémi n'était pas venu pour en découdre avec les forces de l'ordre, et n'avait rien d'un casseur, une version confirmée par le père de la victime.

A. G. avec Matthieu Houllières