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La mobilisation contre le mariage gay marque le pas

Des milliers d'opposants au mariage homosexuel ont pris dimanche à Paris le départ d'une nouvelle manifestation pour demander à François Hollande de renoncer à son projet de loi, qui devrait être définitivement adopté mardi au Parlement. /Photo prise le 2

Des milliers d'opposants au mariage homosexuel ont pris dimanche à Paris le départ d'une nouvelle manifestation pour demander à François Hollande de renoncer à son projet de loi, qui devrait être définitivement adopté mardi au Parlement. /Photo prise le 2 - -

PARIS (Reuters) - Des milliers d'opposants au mariage homosexuel ont pris dimanche à Paris le départ d'une nouvelle manifestation pour demander à...

PARIS (Reuters) - Des milliers d'opposants au mariage homosexuel ont pris dimanche à Paris le départ d'une nouvelle manifestation pour demander à François Hollande de renoncer à son projet de loi, qui devrait être définitivement adopté mardi au Parlement.

Les manifestants, pour l'essentiel des familles mêlant enfants, parents, adolescents et personnes âgées, se sont rassemblés place Denfert-Rochereau avant de se mettre en marche sous le soleil vers l'Esplanade des Invalides avec un seul mot d'ordre : "Hollande, ta loi on n'en veut pas".

Le risque de voir des activistes d'extrême droite, auteurs de plusieurs agressions homophobes ces dernières semaines, se mêler au cortège a incité les organisateurs à déployer un service d'ordre en plus d'un important dispositif policier mis en place par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

Les manifestants se sont rangés sous une marée de drapeaux roses et bleus derrière une banderole proclamant "Tous gardiens du code civil" et des élus, en particulier de l'UMP, principal parti de droite, ceints de leur écharpe tricolore.

Ils réclament un référendum ou le retrait pur et simple du texte mais leur mobilisation marque nettement le pas par rapport à la manifestation du 24 mars, qui avait rassemblé 300.000 personne selon la police, 1,4 million selon les organisateurs.

"La loi n'est ni votée ni promulguée. Nous avons prévenu le président de la République dès le mois de novembre que nous ne lâcherions rien et que nous ferions tout pour que ce projet de loi ne soit pas adopté ou soir retiré une fois adopté", a dit à Reuters le coordinateur de la manifestation, Albéric Dumont.

La présidente du Parti Chrétien-Démocrate, Christine Boutin, particulièrement active, a pour sa part estimé que l'enjeu dépassait le projet de loi sur le "mariage pour tous".

Elle a comparé le mouvement au syndicat Solidarnosc, qui a été à la pointe de la lutte contre le communisme dans la Pologne des années 1980. "Que le texte soit voté mardi ou pas, ça ne change absolument rien, le combat et la résistance silencieuse et pacifique sont en marche à l'image de Solidarnosc."

APPEL AU CALME

La porte-parole du collectif "La Manif pour tous", Frigide Barjot, a lancé un appel au calme en fin de matinée et averti que le service d'ordre de la manifestation - un millier de bénévoles et les agents de trois sociétés de sécurité engagés pour l'occasion - dénonceraient les éléments extrémistes.

Selon le ministère de l'Intérieur, quelque 2.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour parer à toute violence.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, est allé en début d'après-midi sur le parcours de la manifestation des opposants au "mariage pour tous" vérifier le dispositif de sécurité.

"Il appartient aux organisateurs de la manifestation que les choses se passent le mieux possible", a-t-il dit, accusant des "groupes d'extrême droite" et "très violents" de vouloir "atteindre les institutions de la République".

Frigide Barjot, qui avait promis du "sang" aux autorités si elles ne retiraient pas le projet de loi avant de retirer ses propos, a abondé dans le même sens au départ du cortège, où l'on ne pouvait entendre ou lire aucun slogan homophobe.

"Toute personne qui aura un comportement douteux sera signalée", a-t-elle déclaré en avertissant que les organisateurs de la "Manif pour tous" prendraient en photo, avec leurs téléphones portables, les fauteurs de trouble éventuels.

Elle a exhorté les manifestants à obéir aux ordres de dispersion à la fin du défilé et à ne pas traîner sur place.

Manuel Valls a pour sa part estimé que le climat de tension entretenu ces dernières semaines par les opposants au mariage homosexuel n'était "évidemment pas acceptable".

"Ceux qui soutiennent ce texte de loi comme ceux qui ne sont pas d'accord avec lui savent bien que ce climat doit cesser", a dit le ministre de l'Intérieur. "Mardi, l'Assemblée nationale se prononcera, la légitimité du Parlement, de l'Assemblée nationale ne peut pas être mise en cause dans une démocratie."

Emmanuel Jarry et Yves Clarisse, avec Pauline Mevel, édité par Yves Clarisse