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Les chiffres de la folie du tatouage en France

Un magnifique dragon aperçu lors de l'édition 2014 du Mondial du tatouage.

Un magnifique dragon aperçu lors de l'édition 2014 du Mondial du tatouage. - Olivier Laffargue - BFMTV

La troisième édition du Mondial du tatouage s'ouvre ce 6 mars sous la Grande halle de La Villette, à Paris. Pas moins de 30.000 visiteurs sont attendus, alors que la première édition, il y a deux ans, n'en avait attiré que la moitié. Pour comprendre l'engouement des Français pour le tatouage, retour sur la grande étude que l'Ifop a réalisée en 2010, et qui fait toujours autorité.

Et vous, vous êtes piqué? C'est discret ou visible? De style tribal, réaliste ou bien d'inspiration asiatique? En matière de tatouages, la diversité est grande. Mais ce qui est certain, c'est que les Français ont de plus en plus cet art dans la peau. En témoigne le succès du Salon mondial du tatouage, qui démarre ce 6 mars, sous la Grande halle de La Villette. 

Quand le Mondial du tatouage parisien renaît, en 2013, il attire 15.000 personnes. Deux éditions plus tard, c'est le double qui est attendu dans les travées où 340 artistes se sont installés. Et déjà, les 20.000 mètres carrés paraissent étroits.

Autre symptôme de cette popularité, l'exposition événement "Tatoueurs, tatoués", qui a investi le musée du Quai Branly pour un an et demi. Le "dixième art" gagne ses galons et sort des clichés: d'une représentation de la marginalité, il est devenu choix artistique, démonstration de personnalité ou petit secret intime.

10% des Français sont tatoués

Les études sur le phénomène du tatouage ne sont pas légion. En France, la dernière a été réalisée par l'Ifop en 2010, mais elle est très significative. C'est elle qui nous a appris que 10% de la population de l'Hexagone était piquée de pigments.

Sans pour autant être répandue, cette pratique est nettement sortie de la marginalité. Mais elle est aussi très générationnelle. Dans la tranche des 25-34 ans, ce n'est pas une personne sur dix mais une personne sur cinq qui a déjà tâté de l'aiguille. Inversement, chez les plus de 50 ans, ils ne sont que 5% à revendiquer un tatouage, et 1% passé les 64 ans. 

Mais en dépit de son succès, le tatouage fait toujours peur. Sans que la raison soit précisée dans l'étude, on remarque que 6% seulement de la population non tatouée a le projet de passer le cap.

Tatouage et extrême droite, une histoire d'amour

Le tatouage est-il politique? Sa démocratisation laisse à penser qu'il l'est de moins en moins. D'ailleurs, le pourcentage de tatoués parmi les sympathisants politiques varie relativement peu selon les partis, même s'il fait globalement pencher la balance à gauche: 9% à l'extrême gauche, 6% pour le PS, 8% pour les Verts, contre 1% pour l'UDI ou 3% pour l'UMP. C'est lorsqu'on se penche sur le cas des sympathisants du Front national que cela devient particulièrement signifiant: ils sont 20% à être tatoués.

Quant aux endroits destinés à recevoir les traits du tatoueur, il s'agit toujours de préférence de parties du corps faciles à dissimuler. Le bras est la destination favorite, 37% des tatoués le sont à cet endroit-là. Juste après, on note le haut du dos et les épaules, avec 35%. A l'inverse, ils ne sont que 1% à avoir choisi la main, un endroit très visible. Les tatoués semblent avoir encore peur d'être discriminés pour cette particularité.

A l'approche de la Journée internationale des droits des femmes, il faut tout de même ajouter que le tatouage est paritaire: 9% des Françaises et 11% des Français ont déjà goûté à l'aiguille.