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Société

Gaspillage alimentaire: les supermarchés bientôt contraints de ne plus jeter les invendus?

Des rayons "anti-gaspi" pourraient être imposés dans les grandes surfaces.

Des rayons "anti-gaspi" pourraient être imposés dans les grandes surfaces. - Charly Triballeau - AFP

Chaque jour 20 à 40 kilos de nourriture sont jetés par les grandes surfaces. Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, Guillaume Garot, député PS de Mayenne et ancien ministre délégué à l'Agroalimentaire, remet un rapport mardi au gouvernement.

Un Français jette à lui seul 20 kilos de nourriture chaque année, dont sept kilos encore emballés. Pour une famille avec deux enfants, cela représenterait une perte de pouvoir d'achat de 400 euros par an. C'est à partir de ce constat que le député socialiste de Mayenne, Guillaume Garot, va remettre ce mardi un rapport pour luter contre le gaspillage alimentaire au gouvernement.

"Le gaspillage, c'est 160 euros par an et par personne jetés à la poubelle", a détaille l'ancien ministre délégué à l'Agroalimentaire sur RTL. "Je pars du principe que l'alimentation n'est pas une marchandise comme les autres, insiste Guillaume Garot. Il faut tout faire pour ne plus jeter. C'est un scandale éthique mais aussi une question de pouvoir d'achat."

Parmi les 36 propositions de travail qui vont être soumises à l'exécutif, Guillaume Garot s'attaque principalement aux pertes générées par les grandes surfaces. Les enseignes gâcheraient entre 20 et 40 kilos de nourriture par jour.

Rayons "anti-gaspi"

Première mesure souhaitée: légiférer sur une interdiction aux grandes surfaces de jeter leurs invendus. " "Posons le principe de l'interdiction pour la grande distribution de jeter l'alimentation", a insisté Guillaume Garot. L'ancien ministre propose de sanctionner les supermarchés récalcitrants, après un délai de mise en place. Aux législateurs, toutefois de déterminer lesquelles.

Pour assurer une meilleure gestion des stocks, le député PS propose comme solution alternative au gaspillage la mise en place de rayons anti-gaspi", des étals proposant des produits soldés en fonction de la date de péremption. Le député préconise également de mettre en place des coachs qui pourraient accompagner le personnel des supermarchés dans une démarche pour lutter contre le gaspillage.

A cette interdiction de jeter, les grandes surfaces pourraient également se voir interdire la pratique de "javelliser les denrées" pour les rendre inconsommables. Les dates de péremption ou de durabilité minimale pourraient aussi être simplifiées pour une meilleure compréhension par le consommateur.

Dons aux associations

L'autre proposition-phare de ce rapport est de rendre "obligatoire" le don des invendus aux associations qui en feraient la demande. "Il suffirait de repréciser les conditions sanitaires et fiscales selon lesquelles les grandes surfaces peuvent donner aux associations, assurait Olivier Berthe en décembre à RMC. Cela leur permettrait de récupérer des tonnes de produits, qui au lieu de partir à la benne, iraient aux associations." 

Déjà en janvier dernier, une soixantaine de députés ont déposé un amendement dans le cadre de la loi Macron imposant aux supermarchés de plus de 1.000 mètres carré le don aux associations. Vendredi dernier, c'est le Sénat qui est allé dans ce sens en adoptant cet amendement. Cette disposition devra repasser par le vote des députés. 

Pour 2025, le gouvernement s'est fixé comme objectif de diviser par deux le gaspillage alimentaire. Les mesures ne concernent donc pas uniquement les grandes surfaces mais aussi les agriculteurs en élargissant les réductions d'impôts existantes pour le lait ou les légumes, ou aux restaurateurs en développant le concept des "doggy-bags".

Justine Chevalier avec agences