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Ecole coupée en deux, bâtiments détruits… les perdants des J.O en Seine-Saint-Denis

Le campus de l'école Sumpéca risque d'être coupé en deux pour la construction du village olympique.

Le campus de l'école Sumpéca risque d'être coupé en deux pour la construction du village olympique. - BFM Paris

En Seine-Saint-Denis, la construction du village olympique inquiète notamment la direction d'une école d'ingénieurs. Selon le projet, le campus va être coupé en deux et l'un de ses bâtiments rasé.

En 2024, la Seine-Saint-Denis sera l'un des lieux au coeur des J.O de Paris. Le département a en effet été choisi pour accueillir le village olympique qui s'étendra sur 50 hectares entre Saint-Denis, Saint-Ouen et l'Ile Saint-Denis.

Si la construction du village permettra au département de bénéficier de nouveaux équipements, sur place certaines infrastructures en place vont subir des conséquences importantes. C'est le cas de Supméca, une école d'ingénieurs situées à Saint-Ouen. 

Selon le projet, un bâtiment doit être détruit pour permettre la construction d'un autre et son campus va être coupé en deux pour créer une rue publique. Une idée à laquelle s'oppose le directeur de ce campus de 600 étudiants

"Il y a deux solutions: une solution où Supméca sort de la zone du village olympique ou bien Supméca obtient les 2 à 3 millions d'euros nécessaires à la bonne connexion entre ses campus", insiste Alain Rivière, directeur général de Supméca. 

Depuis plusieurs mois, le projet suscite l'inquiétude. Une pétition en ligne signée par plus de 5.000 personnes dénonce la "destruction" du campus et de la cantine. 

"Ca va changer le quotidien des étudiants"

Du côté de la société responsable du chantier, l'école aurait au contraire tout à gagner avec ce projet. 

"Ils sont en bout de ville, coincés entre un coteau en friche et un parc d'activité. Demain ils vont être au coeur d'un quartier avec des espaces verts, avec des commerces, avec des équipements, ça va changer le quotidien des étudiants", assure Jérôme Brachet, responsable d'opération sur le village olympique à la Solideo. 

Pourtant le sujet continue d'inquiéter, d'autant qu'une résidence étudiante hébergeant une centaine d'étudiants proximité doit aussi être détruite.

"On pourra soit se reloger dans d'autres résidences étudiantes qui seront plus loin, soit se reloger assez proche mais avec des loyers qui seront beaucoup plus chers, presque deux fois plus chers", souligne Louis Lemoine, étudiant à Supméca. 

Autres victimes collatérales de la construction du village olympique, un foyer de travailleurs immigrés, lui aussi voué à la démolition. 

"On nous a fait savoir qu'on devait partir d'ici un an et demi, sans savoir exactement où on doit partir et dans quelles conditions", s'inquiète Boubakar Diallo, un résident du foyer. 

Thibault Cordier, Ariane Limozin avec Carole Blanchard