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Crash A320: la justice ne possède pas "en l'état actuel" de vidéo

Le cockpit d'un Airbus A320, image d'illustration.

Le cockpit d'un Airbus A320, image d'illustration. - Bertrand Guay - AFP

L'enregistrement retrouvé sur le site du crash de l'A320 de Germanwings selon plusieurs médias "ne figure pas à l'enquête", selon la justice, qui exige que si cette vidéo existe, elle soit "remise aux enquêteurs".

C'est l'une des questions que les familles de victimes se posent depuis le début de l'enquête sur le crash de l'A320 de la Germanwings: à bord de l'appareil, leurs proches étaient-ils conscients ou non du drame qui se jouait? Déjà, l'enregistrement des conversations de la cabine de pilotage obtenu grâce à l'analyse de l'une des boîtes noires récupérée sur le site suggérait que les victimes étaient au courant de l'imminence du crash.

Mardi, Paris Match et Bild évoquaient un enregistrement tiré d'un téléphone portable, dont la véracité ne ferait, selon eux, "aucun doute". Une vidéo qui serait fausse, selon des sources officielles françaises, interrogées par CNN.

Mercredi, le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a confirmé "qu'en l'état actuel", aucune vidéo ne figure au dossier. Si quelqu'un possède une telle vidéo, "il se doit de la remettre aux enquêteurs", a poursuivi le magistrat, dans un communiqué envoyé à la presse.

Le journaliste de Paris Match qui dit avoir visionné la vidéo, maintient sa version et explique comment il s'est procuré le document. "Ca passe par différents intermédiaires, explique-t-il dans une vidéo. Des intermédiaires qui sont connectés à des gens qui travaillent sur le terrain. Et c'est à partir de là qu'il y a une remontée de ce document, qui me parvient, que je visualise une première fois ".

Les téléphones portables "pas encore exploités"

Selon Paris Match, la partie visuelle de la vidéo est trop "chaotique" pour pouvoir distinguer quiconque, mais la partie audio révèle la panique qui s'est emparée des passagers. Ainsi entend-on crier "mon Dieu", en plusieurs langues. Des "coups métalliques", peut-être la tentative du commandant de bord pour défoncer la porte du cockpit où le copilote s'était retranché, sont également audibles "par trois fois au moins".

"Vers la fin, une secousse plus forte, les cris (des passagers) s'intensifient. Puis plus rien", ajoute l'hebdomadaire. Des affirmations "complètement fausses" a réagi le lieutenant-colonel Jean-Marc Ménichini, de la gendarmerie française, interrogé sur CNN. Il a précisé que les téléphones mobiles collectés sur le site du crash n'avaient pas "encore été exploités".

La compagnie informée de la dépression de Lubitz

Sur le front de l'enquête, les révélations se suivent concernant le passé médical d'Andreas Lubitz. La compagnie allemande a révélé ce mardi que le copilote avait informé en 2009 le centre de formation de Lufthansa qu'il avait connu un "épisode dépressif sévère". La compagnie affirme avoir transmis au parquet de Düsseldorf, "dans l'intérêt d'une élucidation rapide et sans faille" des circonstances du drame, ces informations qu'elle a indiqué avoir obtenues "après de nouvelles recherches internes".

Sur le site du crash, dans les Alpes-de-Haute-Provence, l'évacuation des corps des victimes est terminée, a indiqué mardi soir la gendarmerie. L'identification de toutes les victimes devrait être "possible d'ici la fin de la semaine", a encore annoncé mardi François Hollande.