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Coronavirus: à Belle-Île-en-Mer, l'arrivée des Parisiens qui ont pris la fuite passe mal

Le port du Palais, à Belle-ïle-en-Mer

Le port du Palais, à Belle-ïle-en-Mer - FRED TANNEAU / AFP

De nombreux locaux reprochent aux nouveaux arrivants de ne pas avoir respecté les règles du confinement et, pire, de mettre leur santé en danger.

"Restez chez vous." Le leitmotiv, pourtant répété à l'envi par des cadres du gouvernement pour tenter de circonscrire l'épidémie du coronavirus Covid-19, n'a semble-t-il pas convaincu plusieurs centaines de Parisiens qui, en début de semaine, ont pris d'assaut les gares parisiennes pour tenter de rejoindre des villes en régions. 

A la gare Montparnasse, de nombreux trains pour des villes telles que Rennes affichaient complet et le prix des billets montait en flèche. C'est d'ailleurs en Bretagne que la cohabitation entre les locaux et ces visiteurs si particuliers semble le plus mal se passer. A tel point que ce mercredi, le préfet du Morbihan a décidé de restreindre l'accès à Belle-Île-en-Mer, Groix, Houat et Hoëdic, quatre îles de la région, et ce jusqu'au 31 mars prochain souligne France Bleu

"On fait profil bas"

A Belle-Île-en-Mer justement, la situation reste extrêmement tendue, souligne Le Télégramme, qui s'est rendu sur place. Depuis lundi, l'afflux de nouveaux habitants est visible et ne fait pas plaisir aux locaux, qui craignent légitimement une propagation du virus sur leurs îles qui restaient vierges de tous malades. 

"L’accueil des Bellilois est glacial: ils nous reprochent d’apporter le virus, de vider les rayons des supermarchés et de risquer de prendre les rares lits d’hôpital", explique l'une d'entre elle auprès du quotidien régional. Mon voisin m’a fait la morale derrière sa haie, alors que je déchargeais mes valises… Du coup, on culpabilise et on fait profil bas, en se promettant d’appliquer au mieux les mesures de confinement", ajoute-t-elle. 

Et cette situation semble se multiplier. Comme le précise Sud-Ouest, à l'Île de Ré, les habitants voient également d'un très mauvais oeil ces arrivées. "Arrêtez de nous ramener le virus", a-t-on même pu entendre. 

Risque sanitaire majeur

A bien des égards, l'exode en terre bretonne pourrait être problématique, en particulier en ce qui concerne la capacité d'accueil de l'hôpital local.

"Il y a clairement un risque de saturation de notre hôpital local, qui n’a pas de salle de réanimation, et donc d’engorgement des évacuations sanitaires vers le continent", alerte Thibault Grollemund, nouveau maire de Palais, commune située à Belle-Île-en-Mer. 

Si les rotations entre la côte et l'île devraient être réduites dans les heures à venir, les effets de ces arrivées se font déjà sentir. Devant plusieurs commerces insulaires, des queues de clients, presque similaires à celles vues dans des métropoles du pays, ont déjà été recensées.

Hugo Septier