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Confinement: les violences intrafamiliales en forte hausse dans l'agglomération parisienne

La secrétaire d'État a annoncé ce samedi la création de points éphémères d'alerte pour les victimes de violences familiales.

La promiscuité est facteur de tensions. Depuis le 16 mars dernier, les violences intrafamiliales sont en hausse, notamment les violences conjugales dans l'agglomération parisienne. La situation était redoutée par les associations d'aide aux victimes et les chiffres sont alarmants: dans l'agglomération parisienne, les interventions des forces de l'ordre sont en hausse de 36%. 

"Nous restons évidemment à l'écoute des victimes, et nous pouvons être joints, que ce soit au 116 006, que ce soit localement auprès d'une association si la victime la connaît", rappelle Jérôme Bertin, directeur général de France victimes

"L'écrit peut être une bonne solution, et notamment d'envoyer un mail à victimes@francevictimes.fr peut être une solution pour se signaler, pour un appel à l'aide pour ces personnes qui sont confinées", ajoute-t-il. 

"Il y aurait une recrudescence des violences conjugales"

La secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a pour sa part fait état ce dimanche d'"indicateurs" laissant "penser qu'il y aurait une recrudescence des violences conjugales" depuis le début du confinement.

"Nous observons qu'il y a +32% de signalements de violences conjugales en zone gendarmerie en une semaine et +36% dans la zone de la préfecture de police de Paris en une semaine également", a déclaré Marlène Schiappa à l'antenne d'Europe 1.

"Ces indicateurs tendent à nous faire penser qu'il y aurait une recrudescence des violences conjugales pendant cette période de confinement", qui a commencé le 17 mars, a-t-elle ajouté.

"Points d'accompagnement éphémères"

Alors qu'elle a annoncé samedi la mise en place à partir de lundi de "points d'accompagnement éphémères" dans des centres commerciaux pour accueillir les victimes et le déblocage d'un million d'euros pour venir en aide aux associations de terrain, la secrétaire d’État a précisé que des "garde à vue" et des "condamnations" avaient eu lieu ces deux dernières semaines pour des faits de violences conjugales.

Peu avant, le gouvernement avait également décidé de faire appel aux pharmacies, l'un des rares lieux toujours ouverts, pour mettre en place un dispositif d'alerte. 

Marlène Schiappa a néanmoins reconnu que le numéro d'appel 3919 dédié aux victimes recevait nettement moins d'appel depuis le début de la période de confinement pour endiguer la propagation du coronavirus.

"Ça veut dire qu'il est difficile de téléphoner quand vous êtes enfermé avec l'agresseur", a-t-elle constaté. 

Pour contrer ce problème, elle a annoncé le lancement d'une "campagne pour faire connaître la plate-forme qui s'appelle arrêtonslesviolences.gouv.fr sur laquelle 24h/24, 7 jours/7, vous avez des policiers et des gendarmes formés qui prennent des signalements, qui lancent des enquêtes et des interventions en matière de violences conjugales".

Domitille Lehman avec AFP