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Charlie Hebdo: face au succès, le numéro spécial procès réimprimé en 200.000 exemplaires

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Le dernier numéro de Charlie Hebdo spécial procès qui reprend les caricatures de Mahomet de 2015 est déjà en rupture de stock. Les 200.000 exemplaires ont été écoulés dès le premier jour.

Le dernier numéro de Charlie Hebdo, qui republie les caricatures de Mahomet, a été épuisé dès le premier jour. Ces dessins controversés en avaient fait une cible du terrorisme islamiste en 2015. Titré "Tout ça pour ça", le numéro "spécial procès" avait été tiré à 200.000 exemplaires, soit trois fois son volume habituel, tous vendus dès le premier jour. Selon le journal, 200.000 autres exemplaires sont en cours de réimpression et seront disponibles dès samedi.

"Ça montre qu'on est soutenus, que la liberté d'expression, la laïcité, le droit au blasphème ne sont pas des valeurs obsolètes et qu'elles sont soutenues par les Français qui ont choisi d'acheter ce numéro", a réagi le dessinateur Juin, qui a intégré le journal après l'attentat.

Les caricatures republiées

Le journal avait pris la décision, très forte, de republier dans ce numéro les caricatures de Mahomet, ainsi qu'un dessin réalisé par Cabu et représentant également le prophète.

La rédaction de Charlie Hebdo a considéré que ces documents constituaient des "pièces à conviction", dont la compréhension était nécessaire, alors que le procès des attentats de janvier 2015, dont celui qui a frappé Charlie Hebdo, s'est ouvert mercredi à Paris.

Enjeu et devoir de mémoire

"Les gens ont vu qu'il y avait un enjeu derrière ces assassinats et ils tenaient à affirmer leur position par rapport au discours qu'on peut entendre de certains politiques, ou de certaines personnes, qui se révèlent être communautaristes ou séparatistes", a ajouté Juin.

"On est partis du principe que certaines personnes ne connaissaient pas ces caricatures, certaines n'étaient même pas nées quand elles ont été publiées par Charlie en 2006, et il fallait qu'elles comprennent pourquoi ces assassinats avaient été" commis "en 2015. Pour nous, c'était essentiel de les faire exister par ce document", a expliqué Juin.

"Le droit au blasphème et la liberté d'expression n'existent que si l'on s'en sert et pour nous, c'était justifié de republier ces caricatures car ça montre que ces droits existent toujours et ça permet de les défendre", a ajouté le dessinateur.

C. N. avec AFP