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Avalanche aux Deux Alpes: le professeur en garde à vue pour homicides involontaires

L'enquête sur l'avalanche qui a tué trois personnes aux Deux Alpes suit son cours. Le professeur des lycéens a été placé en garde à vue pour homicides involontaires.

Après l'avalanche qui a tué trois personnes dont deux adolescents, le Procureur de la République de Grenoble Jean-Yves Coquillat. fait le point sur l'avancée de l'enquête et les points d'ombre qui restent encore à éclaircir autour de ce drame.

Le procureur a rappelé que l'avalanche s'était déclenchée à 15h45 et que les secours étaient intervenus à 15h50. Il a confirmé le bilan précédemment annoncé de trois morts, dont deux lycéens français et un touriste ukrainien. Les 19 élèves de 1ère participaient à un stage de ski inscrit dans l'option "Sport" de l'établissement. Ils étaient encadrés par 3 professeurs d'EPS.

"Une des élèves a fait une chute et s'est blessée le matin du drame, et est donc redescendue à la station et elle est restée l'après-midi à l'hôtel. Un des trois professeurs est resté avec elle. Il restait donc deux professeurs sur les pistes" a expliqué le Procureur qui a rappelé que les conditions météo étaient excellentes.

La piste fermée au public

"La piste était fermée depuis le début de la saison par manque d'enneigement. Elle était dangereuse à cause des cailloux. Mais là il y avait eu des chutes de neige importantes, il y avait donc beaucoup de neige" a expliqué le Procureur, "mais nous savons qu'ils ont enjambé le filet pour s'engager sur la piste".

"Lors de la descente, une avalanche s'est déclenchée et a emporté certains élèves" selon Jean-Yves Coquillat. "La piste était fermée par le filet habituel et les inscriptions d'usage prévenant les skieurs" a-t-il par ailleurs confirmé après avoir entendu plusieurs membres du personnel de la station des Deux Alpes.

Le professeur en garde à vue

Depuis 16h30 le professeur qui encadrait les élèves est en garde à vue pour "multiples homicides involontaires". Le Procureur a précisé que la garde à vue avait été motivée par le fait "qu'il nous était difficile de l'entendre sans le contraindre", refusant de donner plus de détails, sinon que le professeur était toujours à l'hôpital.

"Il faut se garder de tout jugement hâtif, je rappelle que ce professeur bénéficie de la présomption d'innocence et qu'il n'est pas question de l'accabler" a tempéré le Procureur de la République rappelant que "ce genre de catastrophe est le résultat d'un enchaînement d'événements" qu'il faut encore définir. "J'ajoute enfin que le ski hors piste n'est pas une infraction et n'est pas interdit" a tenu à rappeler Jean-Yves Coquillat.

Un autre groupe sur la piste

"Une personne de nationalité roumaine s'est présentée à la gendarmerie pour expliquer qu'ils skiait avec un groupe de 15 personnes au-dessus des lycéens et qu'il a entendu un bruit, comme une explosion, et que l'avalanche a démarré" selon le Procureur qui écarte pour l'instant toute responsabilité.

Selon les enquêteurs, ce touriste affirme "qu'ils ont coupé le manteau neigeux au-dessus du groupe et que l'avalanche s'est déclenchée. Un témoignage corroboré par un autre témoin qui a vu un groupe d'une quinzaine de personnes couper le manteau neigeux."

Paul Aveline