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Auvergne: la sécheresse met les exploitants dans une situation économique difficile

Certains exploitants, minés par un hiver froid et sec, doivent se faire livrer de l'herbe afin de nourrir leurs bêtes.

Les agriculteurs de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont dans le flou. Déjà touchés par la deuxième plus chaude année depuis 1900 en 2018, ces derniers sont depuis plusieurs mois encore sévèrement touchés par les conditions climatiques. Une situation inextricable, qui met en fort danger des exploitations en situation financière fragile.

"Ça va être catastrophique"

C'est le cas de François Dessaigne, agriculteur à Volviges en Haute-Loire qui depuis début 2019, à cause d'un hiver froid et sec, se retrouve à court d'herbe pour nourrir ses bêtes. 

"Le stock, quand il sera fini, il faudra en refaire. Et pour en refaire, comme nous n’avons pas d’herbe, il faudra en acheter et ça va être hors de prix. Les trésoreries sont à plat, donc le problème est réglé de ce côté-là. Économiquement parlant, ça va être catastrophique", explique-t-il à notre antenne.

Une sécheresse problématique pour les finances de l'exploitation, d'autant plus que l'eau est également une préoccupation majeure à quelques semaines de l'été. 

"Pour le moment elles ont encore de l’eau. Maintenant, si ça doit encore diminuer, je vais être obligé d’alimenter avec l’eau du réseau, de l’eau que l’on paye", poursuit l'exploitant. 

Mise en place d'un plan d'aide 

Et la situation de François Dessaigne n'est pas isolée. Plus tôt dans l'année, plusieurs professionnels avaient fait part de leur inquiétude auprès de la presse régionale. Dominique Gagnadre, céréalier à Lezoux dans le Puy-de-Dôme, souligne que "pour aller chercher l'humidité, il faut aller loin dans les terres."

"Je n'ai jamais vu ça. J'ai déjà vu des printemps très secs, mais qui suivait un hiver avec beaucoup d'eau. Là, il n'y a rien!", s'inquiète-t-il auprès de France Bleu.

L'an passé, un plan d'aide sécheresse en Auvergne-Rhône-Alpes avait été mis en place par la Région afin de venir en aide aux exploitants en difficulté. Un budget de 15 millions d'euros avait ainsi été alloué, le niveau d'aide variant selon que l’exploitation se trouve en zone fortement ou peu impactée. 

Hugo Septier