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Vaccination contre le Covid-19: les médecins libéraux dénoncent des lenteurs et des blocages

Une dose de vaccin.

Une dose de vaccin. - PASCAL POCHARD-CASABIANCA © 2019 AFP

Deux des principaux syndicats de médecins libéraux ont dénoncé les difficultés rencontrées auprès des pouvoirs publics sur le terrain pour ouvrir des centres de vaccination et obtenir les doses de vaccin.

Deux des principaux syndicats de médecins libéraux ont dénoncé ce jeudi les difficultés rencontrées auprès des pouvoirs publics sur le terrain pour ouvrir des centres de vaccination et obtenir les doses du précieux remède contre le Covid-19.

La "colère" monte chez les généralistes, a averti Jacques Battistoni, président de MG France, lors d'une conférence de presse.

Un "recentrage sur les centres hospitaliers"

"On ne donne pas les moyens de fonctionner aux centres de vaccination libéraux" pour administrer le vaccin contre le Covid-19, a-t-il affirmé, témoignages à l'appui. "On n'a pas des autorisations facilement, ni de dotations en vaccins, qu'on doit négocier", a-t-il précisé, fustigeant une différence de traitement avec l'hôpital.

"On voit une sorte de recentrage sur les centres hospitaliers", qui concentrent "à la louche les trois quarts" des centres de vaccination ouverts à ce jour. "Ca permet de faire monter plus rapidement les chiffres" de vaccination, mais "il sera plus difficile d'aller chercher les personnes de plus de 75 ans près de chez elles", a-t-il prévenu.

Jacques Battistoni a plaidé pour "rapprocher le vaccin des patients", avec "une distance qui doit être la plus courte possible", soulignant qu'au moins 70% des généralistes "sont prêts à vacciner eux-mêmes", d'après un sondage réalisé la semaine dernière auprès de 2350 praticiens.

"Débloquez-nous tous ces flacons!"

"Il faut accélérer", a également estimé Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, premier syndicat chez les médecins libéraux, qui a "l'impression que l'administration est empêtrée dans sa lourdeur".

"On a utilisé un sixième des vaccins livrés par Pfizer", soit un peu moins de 250.000 personnes sur environ 1,5 million de doses reçues, a-t-il souligné. "Débloquez-nous tous ces flacons!", a-t-il lancé, ajoutant que "tout jour perdu a des impacts catastrophiques d'un point de vue sanitaire et économique".

Cela devrait notamment permettre "que tous les soignants soient vaccinés dans les plus brefs délais, et pas seulement ceux de plus de 50 ans".

"Le pays doit tout faire pour préserver ses soignants qui sont au front", a-t-il justifié, en particulier pour les médecins, dont la vaccination "a valeur d'exemple" auprès des infirmiers et aides-soignants chez lesquels "l'adhésion est beaucoup moins massive".
S.B.-E. avec AFP