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Une banque de sperme de donneurs séropositifs lancée en Nouvelle-Zélande, une première mondiale

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Photo d'illustration - Philippe Lopez - AFP

Elle sera chargée de mettre en relation des donneurs porteurs du virus du Sida - mais incapables de le transmettre - avec des personnes souhaitant concevoir.

C'est une première mondiale. Une banque de sperme en ligne proposant des gamètes d'hommes séropositifs a été lancée en Nouvelle-Zélande, rapporte le Guardian ce mardi. Le but: diminuer la stigmatisation des personnes porteuses du virus, leur permettre de procréer et éduquer la population aux modes de transmission du VIH.

Les trois premiers donneurs enregistrés chez la banque Sperm Positiv vivent avec le VIH, mais possèdent une charge virale indétectable. En somme, le taux de virus dans leur sang est trop peu élevé pour être détecté par des méthodes classiques. Ils sont toujours porteurs du VIH mais la prise de leur traitement ne permet pas sa transmission, que ce soit lors d'un rapport sexuel non-protégé ou au cours d'une grossesse,.

"J'ai beaucoup d'amis qui vivent eux-aussi avec le virus et qui ont pu avoir des enfants. Être capable d'aider d'autres personnes durant leurs tentatives (de conception, ndlr) est tellement gratifiant. Je veux aussi montrer au monde que la vie ne s'arrête pas après le diagnostic et je veux aider à réduire la stigmatisation", explique Damien. Sous traitement depuis 18 ans, il dit avoir été régulièrement discriminé dans sa vie professionnelle comme personnelle en raison de sa séropositivité.

Initiée par trois associations, Sperm Positiv n'est pas une clinique, mais permettra de mettre en relation un donneur séropositif, des personnes souhaitant concevoir et des établissements chargés de réaliser la procréation médicalement assistée. Elle promet bien sûr une totale transparence à ses clients. Ces derniers seront informés de la séropositivité des donneurs mais aussi de leur incapacité à transmettre le VIH.

Une stigmatisation toujours prégnante

Mark Thomas, docteur spécialisé en maladies infectieuses à l'université d'Auckland, se félicite de cette avancée, mais juge qu'il reste beaucoup à faire pour faire disparaître la stigmatisation des personnes porteuses du VIH.

"Je suis heureux de savoir qu'il y a eu de grands changements dans la compréhension du public par rapport au VIH, mais de nombreuses personnes souffrent toujours de stigmatisation. Cela peut mener à des prises de médicaments inconscientes et résulter dans un traitement moins efficace, et donc un risque de transmission du virus", explique-t-il.
Juliette Mitoyen