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Tabac, alcool, écrans: une étude montre que la crise sanitaire aggrave les addictions des Français

Selon des récents travaux, 56% des Français estiment que la crise sanitaire et les restrictions vécues ont eu un impact négatif sur leur moral.

Il s'agit d'une autre conséquence collatérale imputable au Covid-19. Alors que les Français en sont à leur troisième confinement en un peu plus d'un an en raison de la situation sanitaire, toujours aussi tendue dans le pays, cette mise sous cloche a semble-t-il favorisé l'augmentation des addictions.

Plus de temps sur les écrans

C'est la conclusion à laquelle est arrivée l'association Addictions France, qui s'appuie sur une enquête BVA-Addictions France réalisée en février sur un échantillon national représentatif de la population âgée de 15 ans ou plus. Selon ces travaux, 56% des Français estiment ainsi que la crise sanitaire et les restrictions vécues ont eu un impact négatif sur leur moral.

Ces difficultés ont favorisé l'augmentation du temps d'écran récréatif, qui selon cette étude aurait touché 60% des Français. Un quart d'entre eux, soit 24% des sondés, passerait ainsi plus de six heures quotidiennes devant un écran.

Une mauvaise habitude confirmée par le témoignage de plusieurs passants rencontrés par BFMTV. "C'est surtout les écrans, j’ai fini par multiplier par deux, on finit par passer des soirées sur l’écran", "je commande des habits sur Internet, je ne m’arrête pas, je commande toutes les semaines, c’est une catastrophe", apprend-on.

Un phénomène qui ne semble pas circonscrit à une seule tranche d'âge puisque, toujours selon les travaux d'Addictions France, 63% des parents ont connu des difficultés pour limiter le temps d'écran de leurs enfants pendant au moins un confinement. En outre, 3 étudiants sur 4 ont également augmenté le temps passé devant un écran, en dehors de leurs études.

Ennui, isolement et difficultés financières

L'hypothèse de la crise sanitaire comme un accélérateur des addictions est d'ailleurs prouvé par la suite de l'enquête, qui souligne que 56% des personnes en situation financière difficile admettent qu’il était difficile de maîtriser certaines consommations à risques en période de confinement, contre 38 en temps normal.

"Ils l’expliquent par l’ennui, l’isolement, par des difficultés financières, c’est une façon de compenser les soucis qui se présentent dans cette période", explique Bernard Basset, président de l’Association Addictions France, auprès de BFMTV.

Plus de cigarettes, d'anxiolytiques et d'alcool

Dans le détail, 58% des personnes ayant déjà été suivies pour un problème d’addiction ont augmenté leur consommation d’anxiolytiques (contre 33%), 53 % des gros fumeurs (plus de 10 cigarettes par jour) ont augmenté leur consommation de tabac (contre 35%) et 45% des polyconsommateurs ont augmenté leur consommation d’alcool (contre 21%).

La tendance sur les anxiolytiques est confirmée par un pharmacien rencontré par BFMTV: "En terme de boites vendues effectivement on a une augmentation exponentielle de ce type de produits", assure-t-il.

En guise de conclusion, l'étude souligne que l'accompagnement, qui est un besoin ressenti par 78% des personnes suivies pour addiction, est nécessaire.

"Au-delà de ce que nous pouvons faire, il est aussi essentiel de changer de regard sur les addictions et mieux faire connaître les structures comme les nôtres. L’impossibilité de contrôler ses consommations n’a pas à être teintée de honte, de solitude, de mystère ou de la crainte d’une punition", peut-on lire.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV