BFMTV

Pour une bonne forme physique, le tour de taille doit aussi être pris en compte

-

- - -

Des chercheurs affirment qu'une mauvaise condition physique est associée à un plus grand tour de taille et à un degré plus élevé d'inflammation de l'organisme. Des conséquences qui ne sont pas prises en compte par l'indice de masse corporelle utilisé uniquement pour diagnostiquer un surpoids ou une obésité.

La hausse de l'indice de masse corporelle (IMC) est un facteur de risque majeur pour certaines maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète et même certains cancers. L’IMC est une mesure de référence du poids par rapport à la taille couramment utilisée pour estimer le surpoids et l’obésité chez l’adulte. Il s'agit de l'unité de mesure du surpoids et de l’obésité la plus couramment utilisée car chez l’adulte l’échelle est la même quels que soient le sexe ou l’âge du sujet.

Mais comme le précise l'Organisation mondiale de la santé (OMS), "il donne toutefois une indication approximative car il ne correspond pas forcément au même degré d’adiposité d’un individu à l’autre." Une étude menée par des chercheurs de l'université de Copenhague tend à confirmer cette idée qu'une bonne condition physique chez une personne ne se résume pas seulement à son indice de masse corporelle mais aussi à la circonférence de sa taille.

Pour rester en forme dans ces deux domaines, le sport demeure le meilleur réflexe de prévention à adopter. Car si le risque de contracter des maladies non transmissibles augmente avec l'IMC, un tour de taille trop élevé, synonyme d'un excès de graisse viscérale, favorise le risque d'une inflammation chronique de l'organisme et de maladies métaboliques comme le diabète de type 2.

Une mauvaise forme physique ne se voit pas qu'à travers l'IMC

Les auteurs ont cherché à étudier l'association entre la condition physique et le tour de taille ainsi que l'association entre la forme physique et une inflammation de l'organisme, et s'il y avait une corrélation avec l'IMC. Ils ont pour cela analysé les données précédemment recueillies de 10.976 personnes, lors d'une enquête nationale de santé menée en 2007-2008. Ces personnes ont passé un test d'absorption d'oxygène (VO2 max) pour évaluer leur forme physique.

Leur tour de taille, leur poids et leur taille ont été mesurés et des échantillons de sang ont été prélevés pour mesurer leur taux de protéine C-réactive, un biomarqueur de l'inflammation de bas grade. Les chercheurs ont découvert que les niveaux les plus élevés de forme physique étaient associés à un tour de taille plus petit et à un degré d'inflammation moindre de l'organisme, et ce sans lien direct avec les indications de l'IMC (il y a surpoids quand l’IMC est égal ou supérieur à 25, obésité quand il est égal ou supérieur à 30.)

Un risque accru de maladies cardiovasculaires

L'ensemble des résultats suggère qu'une bonne condition physique permet de réduire la masse graisseuse abdominale et l'inflammation, ce qui pourrait améliorer la santé métabolique, indépendamment de l'indice de masse corporelle. En clair, cette unité de mesure n'est pas suffisante pour déterminer si une personne est en bonne santé dans sa globalité.

L'importance du tour de taille comme paramètre d'une bonne santé est également évoquée par l'Inserm lorsqu'il s'agit de diagnostiquer l'obésité, une maladie des tissus adipeux. "L’excès de masse grasse localisé autour du ventre est associé à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires, indépendamment de l’IMC. Lorsque le tour de taille est supérieur à 100 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme, on parle d’obésité abdominale", explique-t-il.

Alexandra Bresson