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Où en est l’épidémie de Covid-19 en France?

Une vue 3D du SARS-CoV-2

Une vue 3D du SARS-CoV-2 - JOEL SAGET © 2019 AFP

La courbe de l’épidémie poursuit son écrasement. Excepté en Guyane et à Mayotte, les indicateurs de surveillance du virus restent au vert. Plus de 300 clusters ont été détectés depuis le 9 mai.

Il est encore là. Mais le SARS-CoV-2 se fait de plus en plus discret. Si plus de 8000 personnes restent hospitalisées en France pour une infection Covid-A9, la semaine dernière, du 22 au 28 juin, 666 nouveaux patients atteints de la Covid-19 ont été hospitalisés, contre 763 la semaine précédente.

C’est quasiment vingt fois moins que la dernière semaine de mars, au cours de laquelle plus de 13.000 nouvelles hospitalisations ont été recensées.

"Nous ne sommes plus en phase épidémique, mais en phase de circulation à bas bruit du virus à l’exception de Mayotte et de la Guyane", juge Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l'unité des infections respiratoires de Santé publique France.

De leur côté, les admissions en réanimation ont très légèrement cru: de 77 patients la semaine du 15 juin, à 82 la semaine du 22.

"Rien de significatif, il faut regarder si cela se poursuit en revanche", note le professeur Anne-Claude Crémieux.

A-t-on atteint un plateau duquel nous avons du mal à descendre? "Tout va dépendre de la dynamique à venir. Je ne sais pas. Il n’y a pas de raison de penser que le virus va disparaître de lui-même dans les semaines qui viennent", estime Daniel Lévy-Bruhl.

"Regarder le taux de positivité"

Autre indicateur en hausse, le nombre d’actes SOS médecins pour suspicion de Covid-19 ont progressé de 22% la semaine du 22 au 28 juin. Ces hausses s’étendent de +66% à +12% sur huit régions parmi lesquelles la Normandie, l’Occitanie, l’Île-de-France.

Pour autant, rien d’alarmant selon Santé publique France. "Cette augmentation, qui touche notamment les moins de 15 ans, pourrait être liée à la reprise des activités scolaires dans le contexte de diagnostics systématiques pour toute personne présentant des symptômes évocateurs et à des pratiques de codage", indique la conclusion du point épidémiologique hebdomadaire du 2 juillet.

"On parle bien de suspicions", rappelle Daniel Lévy-Bruhl.

"Il faut regarder le taux de positivité des tests sur la période correspondante, or il n’a pas augmenté", ajoute le docteur Serge Smadja, secrétaire général de SOS médecins, qui n’a vu qu’une seule suspicion de Covid-19 en une semaine de visites à domicile. Au niveau national, ce taux s’établit à 1,4% sur 7 jours, selon les données SI-DEP.

Taux de reproduction à 0,9%

"S’il se passe quelque chose, on le verra assez vite sur le terrain, avec une augmentation des patients hospitalisés. Le pourcentage de tests positifs est un très bon indicateur aussi", estime le Professeur Crémieux.

Le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de tests virologiques positifs pour 100.000 habitants sur 7 jours, est lui aussi dans le vert: à 4,9 pour 100.000 habitants. Tout comme le taux de reproduction effectif, le nombre moyen de personnes infectées par un cas, qui reste inférieur à 1: 0,9 au niveau national, et de 0,6 en Provence-Alpes-Côte-D’azur à 1,42 en Guyane. Ce département-région d’outre-mer présente une situation préoccupante, avec plus de 4000 cas confirmés, et une douzaine de cas groupés, dont trois non contrôlés. Le pic est prévu pour mi ou fin juillet par les épidémiologistes.

307 clusters depuis le 9 mai

En dehors de cette situation, les indicateurs dits "de pilotage", comme les nomment Santé publique France, restent au vert, malgré la progression constante du nombre de cas groupés de contaminations. Depuis le 9 mai, 307 clusters ont été détectés, dont 181 sont désormais clôturés.

"Être capable d’identifier des clusters, c’est plutôt une bonne nouvelle, cela montre que le réseau de surveillance est efficace. Même si certains cas sporadiques ou asymptomatiques nous échappent", reconnaît Daniel Lévy-Bruhl.

Anne-Claude Crémieux reste également vigilante: "Il faut surveiller l’apparition de gros clusters non contrôlés, avec une diffusion uniquement dans une population jeune qui n’irait pas consulter".

"C’est pour cela qu’il faut continuer à appliquer les gestes et les attitudes qui nous permettent de limiter la transmission", poursuit-elle.

Dans le détail, entre le 9 mai et le 1er juillet, en dehors des EHPAD, un cluster sur quatre (24,7%) concerne un établissement de santé, 17% une entreprise et 14% les établissements sociaux d’hébergement et d’insertion.

Rien que dans les EHPAD, plus d’une centaine de clusters (101) ont été recensés depuis le début du déconfinement, à l’origine de plus de 1200 cas.

Margaux de Frouville