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Les mesures de prévention contre la hausse de l'obésité dans le monde

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- - iStock - ilbusca

L'OCDE fait état dans un récent rapport d'une augmentation croissante du taux d'obésité dans le monde. Pour promouvoir une alimentation saine, les auteurs évoquent toutes les politiques menées à travers les pays membres, notamment le logo nutritionnel mis en place récemment en France.

L’obésité concerne aujourd’hui la quasi-totalité de la planète, y compris de nombreux pays émergents: selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 35 % des adultes dans le monde sont atteints d’obésité ou de surpoids. Santé Publique France précise qu'en France, la moitié des adultes sont en surcharge pondérale, et près d’un adulte sur six obèse. Par ailleurs le pays "est au premier rang en termes de consommation de graisses saturées parmi les 53 pays de la région Europe".

Une épidémie aux conséquences économiques et sociales dramatiques car elle expose un nombre croissant de personnes à des affections chroniques telles que le diabète, les maladies cardiaques et le cancer. Or, un rapport de l'OCDE* montre qu'il s'agit d'un fléau de santé publique qui ne cessera de s’amplifier dans les prochaines années. Ainsi en 2015, dans l'ensemble des pays de l'organisation, 19,5% de la population adulte souffre d'obésité.

Un taux qui varie néanmoins selon les pays: de 6% en Corée et au Japon à plus de 30% en Nouvelle-Zélande, au Mexique et aux Etats-Unis. Par ailleurs, au cours de la dernière décennie, la prévalence du surpoids et de l'obésité a fortement augmenté au Canada, en France, au Mexique, en Suisse et aux États-Unis, alors qu'il s'est stabilisé en Angleterre, en Italie, en Corée et en Espagne. "Il n'y a cependant pas de signe clair de réduction de l'épidémie, dans aucun pays", précise le rapport.

La France n'est pas épargnée

La France se situe quant à elle en dessous de la moyenne de l'OCDE, à 15,3%, entre la Slovaquie (16,3%) et le Danemark (14,9%). Les projections établies jusqu'en 2030 indiquent que les taux d'obésité seront particulièrement élevés aux États-Unis, au Mexique et en Angleterre, où respectivement 47%, 39% et 35% de la population devraient être obèses. Dans 13 ans, la prévalence en France sera moins importante que dans ces pays mais tout de même assez élevée: 21%, un taux proche de celui de l'Espagne.

Mais le rapport précise que, parallèlement à ces chiffres croissants, un certain nombre d'initiatives conçues pour les combattre ont émergé ces dernières années dans le monde. Prescrire de l'activité physique, changer la taille des portions, augmenter le prix des produits riches en gras, en sucres et en sel, renforcer la régulation de la publicité: l'OCDE recense toutes les mesures qui ont marqué le combat contre l'obésité.

Les auteurs citent en premier lieu l'apposition d'un logo nutritionnel sur les emballages des aliments, à titre obligatoire ou volontaire. "L'étiquetage interprétatif facile à comprendre entraîne un taux de réponse plus élevé des consommateurs que la simple liste de produits nutritifs", précisent-ils. L'exemple de la France et de son logo "Nutri-Score", sélectionné dans le cadre d'une étude de plusieurs mois dans des supermarchés, est cité.

Des campagnes sur de nombreux supports

Quelques pays comme les Etats-Unis, le Canada et l'Australie ont mis en place un système similaire, mais pour les aliments achetés dans les restaurants: leur législation stipule que le nombre de calories doit figurer sur les menus des restaurants. Par ailleurs, des campagnes de santé publique destinées à sensibiliser le public à des choix nutritionnels plus sains ont été lancées dans la plupart des pays.

Les auteurs précisent que ces dernières sont utilisées pour "contribuer à atteindre un public très ciblé et à sensibiliser à l'importance d'une consommation adéquate de fruits et légumes". La France est encore une fois citée, avec sa campagne "Manger Bouger" en place depuis 2001. En parallèle de ces campagnes, ces pays investissent de plus en plus dans les médias sociaux et les nouvelles technologies, utilisés comme outils de promotion.

"Il est encore trop tôt pour s'attendre à une évaluation rigoureuse de leur efficacité, bien que des preuves récentes indiquent que la campagne Change4Life au Royaume-Uni a réussi à atteindre son public cible, avec 58% des adultes qui sont passés à des produits laitiers bas en matière grasse par rapport à 26% dans le groupe de comparaison", indiquent les auteurs. Autre exemple, aux Pays-Bas, le Centre de nutrition a été chargé de fournir des recettes et des conseils pour une alimentation saine grâce à un site dédié et une application mobile.

Enfin, une mesure vise particulièrement à prévenir l'obésité infantile, à savoir le "durcissement" des publicités diffusées à la télévision, à la radio ou sur d'autres supports. "Au moins sept pays de l'OCDE ont renforcé la réglementation de la publicité depuis 2011. Les interdictions de publicités d'aliments et de boissons à la télévision et à la radio pendant les heures où les enfants sont les principaux publics ont été mises en place au Chili, en Islande, en Irlande et au Mexique."

Si toutes ces initiatives se sont révélées efficaces, l'OCDE rappelle que la meilleure stratégie de prévention consiste à les utiliser simultanément afin de "créer des synergies pour de meilleurs résultats."

*Organisation de coopération et de développement économiques 

Alexandra Bresson