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Les grossesses à risque augmentent en France  

Cinq députés LR se disent favorables à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes.

Cinq députés LR se disent favorables à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes. - isan / Flickr

INFOGRAPHIE - Plusieurs indicateurs de la santé des mères et des nouveau-nés se sont dégradés depuis 2010. Les facteurs de risques comme l’obésité et les grossesses tardives augmentent. Dans le même temps, les bébés naissent de plus en plus prématurés.

En six ans, les facteurs de risques de complications pendant la grossesse ont augmenté en France. Pour arriver à cette conclusion, l’Inserm et la DREES (direction des études du ministère de la Santé) ont interrogé 13.900 Françaises admises en maternité. Les résultats sont publiés ce mercredi dans la 5e enquête nationale périnatale. La dernière remonte à 2010.

Les femmes suivent moins les recommandations

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à accoucher après 35 ans. Elles étaient 19,3% en 2010 contre 21,3% en 2016. Pourtant, une grossesse tardive est le premier facteur de risque périnatal. Le surpoids et l’obésité sont également plus fréquents en 2016 qu’en 2010. La consommation de tabac pendant la grossesse n’a pas baissé et reste aux alentours des 17%.

Infographie santé périnatale
Infographie santé périnatale © -

Plus de prématurés et de jumeaux

Dans le même temps, les indicateurs de santé périnatale se dégradent. Le taux de prématurité augmente depuis une vingtaine d'années, de 4,5% en 1995 à 6% en 2016 chez les enfants uniques nés vivants. La proportion d’enfants avec un poids faible (pour leur âge gestationnel) a augmenté entre 2010 et 2016, de 10,1% à 10,8%. Les naissances de jumeaux ont également pris un demi-point en six ans.

Infographie santé des nouveaux-nés
Infographie santé des nouveaux-nés © -

Les pratiques d’accouchement s’améliorent

La DREES et l’Inserm tirent cependant quelques bonnes nouvelles de cette enquête. La prise en charge des femmes lors du travail s’améliore. L’accouchement est moins médicalisé: le recours à l’oxytocine (médicament qui permet d’accélérer les contractions et présente des risques pour la santé maternelle) est moins fréquent en 2016. Le taux d’épisiotomie (acte chirurgical consistant à ouvrir le périnée) diminue également.

La très grande majorité des femmes (88,3%) disent avoir été très ou plutôt satisfaites des méthodes reçues pour gérer la douleur et les contractions. La péridurale est de plus en plus utilisée: dans 78,1% des accouchements en 2010 contre 81,4% en 2016.

Infographie pratiques d'accouchement
Infographie pratiques d'accouchement © -

De grandes disparités régionales

Les risques diffèrent selon le lieu de résidence. Paris est par exemple la région où les femmes deviennent mères le plus tard: 30,9% ont plus de 35 ans.

Dans le Nord et dans le Centre-Val-de-Loire, plus de 15% des femmes enceintes sont obèses. D’ailleurs, c’est dans le Nord qu’on trouve le plus de bébés prématurés, 10,5%. En Bretagne, c’est le tabagisme qui pose problème: un quart des femmes enceintes fument au moins une cigarette par jour.

La qualité de la prise en charge varie d’un territoire à l’autre. A Paris, 28,2% des femmes ont subi une épisiotomie. L’Ile de France est par ailleurs la région qui déclenche le plus artificiellement le travail.

Emeline Gaube