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Grossesse tardive: quels sont les risques en devenant maman après 40 ans?

Les risques liés à la grossesse augmentent sensiblement à partir de 35 ans.

Les risques liés à la grossesse augmentent sensiblement à partir de 35 ans. - iStock - vadimguzhva

La chanteuse Janet Jackson est devenue maman pour la première fois à l'âge de 50 ans. Une tendance plus fréquente avec l'évolution du mode de vie, mais qui comporte des risques importants pour la mère et l'enfant.

A 50 ans, la popstar Janet Jackson a donné naissance à son premier enfant, un petit garçon, ce mardi 3 janvier. La chanteuse fait ainsi partie de ces personnalités devenues mères après 40 ans, qui ont donc connu une grossesse tardive: Halle Berry, Salma Hayek, Uma Thurman, Céline Dion...

Une tendance de plus en plus importante en France aussi: selon une étude de l'Insee* publiée en 2016, plus de 5,1% des bébés de 2015 ont des mamans de plus de 40 ans, contre moins de 4% dix ans auparavant, et à peine 1% en 1980. Le rapport précise également que depuis le début des années 1980, "les naissances tardives sont de plus en plus souvent des premières naissances".

Cette hausse peut s'expliquer en raison de plusieurs facteurs qui ont reculé les limites de la maternité: un accès plus large à la contraception, des études supérieures, une priorité pour la carrière professionnelle, des mariages tardifs ou des secondes unions, et le développement des techniques d’assistance médicale à la procréation et du don d'ovocyte.

Gare à l'hypertension artérielle et au diabète gestationnel

Si le principal risque est celui de ne pas obtenir la grossesse désirée, puisque la fertilité s'affaiblit sensiblement après 35 ans, une grossesse pendant cette tranche d'âge est plus susceptible d'être considérée comme à risque. "Aujourd'hui, avec une surveillance renforcée, ces grossesses ne sont plus considérées comme à haut risque pour l'enfant. En revanche, le risque est plus marqué pour la mère, surtout lors de l'accouchement", explique l'AFPA**. Les études montrent en effet que les complications sont plus courantes.

"La littérature est unanime: les pathologies préexistantes sont toutes plus fréquentes chez les femmes de 40 ans et plus: hypertension artérielle, fibromes, diabète, problèmes cardiaques et dysfonctionnement thyroïdien", précise sur ce sujet le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (Cngof).

Ce dernier affirme ainsi que "la quasi-totalité des études met en évidence une augmentation de la fréquence du diabète gestationnel dans les grossesses tardives". Un constat partagé par la Fédération française des diabétiques, qui rappelle l'importance d'un dépistage, car "chez les femmes de plus de 35 ans, la prévalence atteint 14,2%". Deux autres risques sont également plus importants en fonction de l'âge de la mère: un recours plus fréquent à la césarienne et une grossesse multiple, car après 35 ans, il est plus courant qu’une femme produise plus d’un ovule par cycle menstruel.

Les femmes ne doivent pas hésiter à consulter

Or, ce type de grossesse comporte ses propres risques: prématurité, hypertension (pré-éclampsie) et hypotrophie, c'est-à-dire faible poids d'un des enfants ou des deux. En outre, le vieillissement des ovocytes peut aussi conduire à une incidence plus importante de trisomie 21 chez l'enfant et plus largement, de malformation fœtales.

"Le seul risque de trisomie 21 de l’enfant passe de 1/900 chez une femme de 25 ans à 1/380 à 35 ans et 1/28 à 45 ans, atteste le Cngof. Ainsi que les risques de retard de croissance in utero, de prématurité, de poids de naissance trop faible (voire au contraire trop élevé)".

D'où sa demande en 2008 que tous les médecins français rappellent à leurs patientes l’importance de la chute de la fertilité avec l’âge. Ce dernier conseille également aux femmes de plus de 35 ans de consulter un spécialiste après six mois de rapports sexuels réguliers si la grossesse ne vient pas. D'autant qu'un sondage publié par ses soins montre que les Français sous-estiment de cinq ans l'âge au-delà duquel il est plus difficile d'être enceinte.

*Institut national de la statistique et des études économiques **Association française de pédiatrie ambulatoire

Alexandra Bresson