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Du désherbant et des dioxines dans des tampons et des protège-slips

Certains tampons hygiéniques comportent des traces de dioxine.

Certains tampons hygiéniques comportent des traces de dioxine. - Flickr - 小草 - cc

60 millions de consommateurs pointe la présence de traces de résidus "potentiellement toxiques" dans les tampons et protections féminines, et demande aux pouvoirs publics d'imposer des contrôles plus rigoureux.

Dioxines, glyphosate et autres pesticides: voici les résidus "potentiellement toxiques" identifiés dans la composition des tampons et autres protections féminines lors d'une série d'essais scientifiques menés à la demande du magazine 60 millions de consommateurs. Des résidus dont "les niveaux relevés sont faibles", mais qui inquiète tout de même l'association de défense dans le numéro du mois de mars. Car certaines de ces substances sont soupçonnées d'être des perturbateurs endocriniens, et les données scientifiques manquent pour évaluer le risque pour les femmes.

"Certaines substances pourraient mimer l'action des hormones, c'est ce qu'on appelle les perturbateurs endocriniens. Est-ce que ces dioxines peuvent avoir ce type d'effet sur la muqueuse vaginale? Il n'y a aucune étude actuellement pour le dire", regrette la journaliste Victoire N'Sondé.

Une substance utilisée dans le Roundup

La présence de résidus de substances potentiellement toxiques a ainsi été détectée dans 5 des 11 protections féminines analysées par 60 Millions de consommateurs. Le magazine fait notamment état de "traces de dioxines dans deux tampons périodiques de grandes marques, sur trois testés". Par ailleurs, des "résidus de glyphosate", ingrédient chimique utilisé dans les désherbants, dont le Roundup, "ont été trouvés dans des protège-slips d'une marque qui se revendique pourtant bio".

Au vu de ces résultats, l'Institut national de la consommation "alerte les pouvoirs publics et demande la mise en place d'une réglementation spécifique pour les protections féminines, imposant une plus grande transparence, ainsi qu'un étiquetage de la composition". Une pétition lancée par une étudiante, et réclamant également des précisions aux fabricants, a d'ailleurs récolté à ce jour plus de 180.000 signatures.

De leur côté, si les marques contestent tout risque pour la santé, elles commencent à évoluer sous la pression des consommateurs. De nouvelles notices devraient arriver dès ce printemps.

A. Gonzalez avec AFP I vidéo: A. Cuvillier, A. Pollez, C. Gelpi