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Coronavirus: moins de malades en réanimation en Île-de-France, mais les soignants restent prudents

Alors que l'annonce du prolongement du confinement devrait être faite par Emmanuel Macron ce lundi soir, des médecins franciliens alertent sur le risque d'une nouvelle vague et d'un déconfinement trop rapide dans la région, la plus touchée par l'épidémie de Covid-19.

Le nombre de malades du coronavirus hospitalisés en réanimation en Ile-de-France continue de baisser. Selon les dernières données de l'Agence régionale de Santé, 2618 personnes atteintes du Covid-19 étaient en effet en réanimation dans la région dimanche, soit 5 de moins que la veille.

Mais malgré cette légère baisse et alors que la question du déconfinement est déjà discutée, les médecins franciliens restent prudent et alertent sur les risques d'un déconfinement trop rapide et pas assez encadré. Et ce malgré le fait que "le pic de l'épidémie" ait été "atteint", comme l'a expliqué sur BFM Paris Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes de France.

"Nous sommes vraiment encore sous tension"

Interrogé sur BFMTV ce lundi, Elie Azoulay, chef du service réanimation de l'hôpital Saint-Louis, à Paris, a confirmé cette baisse du nombre de cas en réanimation, tout en précisant que les hôpitaux de la capitale et de la région restaient extrêmement sollicités.

"La réalité, c'est que c'est tendu. Ce week-end, nous n'avons pas eu le tsunami de ces dernières semaines mais nous avons encore largement les pieds et les genoux dans l'eau, a-t-il déclaré. Il y a toujours des patients qui arrivent, toujours des patients qui étaient là avant, qui sont en train de s'améliorer mais qui nécessitent des soins importants."

"Nous sommes vraiment encore sous tension", a martelé le Elie Azoulay, qui précise qu'en plus des malades du Covid-19, ces derniers jours ont marqué le retour à l'hôpital, "parfois avec du retard", de malades franciliens pas infectés par le coronavirus mais nécessitant tout de même une prise en charge réanimatoire ou hospitalière.

Vers une deuxième vague?

Malgré un premier pic de l'épidémie et un nombre de cas en réanimation en baisse, Elie Azoulay craint une "deuxième vague".

"Pour moi, la première n'est pas passée. Nous sommes encore beaucoup sollicités. Il y a une hétérogénéité ne serait-ce qu'au niveau de l'Île-de-France, explique le médecin. Aujourd'hui, nous avons encore cette possibilité, qui pourrait devenir une réalité, d'avoir une vague qui serait du même niveau, ce qui serait catastrophique. Il sera difficile de faire face."

"S'il n'y a pas de tests, on peut pas déconfiner", assure Patrick Pelloux

Pour éviter une possible deuxième vague de malades du coronavirus, les médecins sont nombreux à réclamer un prolongement important du confinement, ainsi que des mesures d'ampleur lors du déconfinement. "J'attends des mesures qui soient vraiment effectives concernant le déconfinement, et comment cela va se passer", a déclaré Patrick Pelloux à BFM Paris, évoquant l'allocution à venir d'Emmanuel Macron.

Le médecin urgentiste espère notamment que le président de la République évoque "la problématique des masques et des protections des malades". "Il faut des masques et il faut déconfiner progressivement", a martelé Patrick Pelloux.

Le médecin a également assuré qu'un déconfinement ne pourrait pas se faire sans risque si les Franciliens et tous les autres Français n'étaient pas testés au Covid-19. "Il faut des tests. S'il n'y a pas de tests, on peut pas déconfiner, a-t-il répété. Une vision partagée par de nombreux médecins, pour qui le dépistage de la population reste une condition indispensable pour envisager le déconfinement, notamment en Ile-de-France, région la plus touchée par le coroanvirus.

Depuis le début de l'épidémie, 3585 décès ont en effet été recensés dans les hôpitaux d'Ile-de-France. Par ailleurs, 30.304 personnes ont été hospitalisées à Paris et dans sa région, et 979 nouveaux patients ont été accueillis au cours des 24 dernières heures.

Juliette Mitoyen