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Coronavirus: la présidente du Care estime qu'il faut "des résultats solides et rigoureux" sur la chloroquine

La lauréate du prix Nobel de médecine en 2008, et présidente du nouveau comité de scientifique installé mardi par Emmanuel Macron, estime que les tests liés à ce traitement restent "très préliminaires."

La chloroquine fera-t-elle finalement partie du traitement contre le coronavirus? Invitée ce mercredi matin sur l'antenne de BFMTV, Françoise Barré-Sinoussi, présidente du Care (Comité analyse recherche et expertise, installé mardi par Emmanuel Macron), émet encore de nombreux doutes sur les conclusions du Pr Didier Raoult, fervent défenseur de l'utilisation de cet antipaludique pour soigner les malades du Covid-19.

Pour la virologue et prix Nobel 2008 de médecine pour sa découverte du VIH, ce traitement nécessite "des résultats solides et rigoureux."

"C'est pour cela qu'elle (la molécule, ndlr) a été incluse dans l'essai thérapeutique qui vient de commencer. Pour le moment il y a des résultats très préliminaires, et il faut s'assurer qu'il n'y ait pas d'effets délétères. Il peut y avoir des effets secondaires graves dont des problèmes cardiaques", détaille-t-elle.

Pour cette dernière, afin que le traitement soit validé par les autorités sanitaire, il faut "une étude sur un nombre suffisant de patients dans des conditions de méthodologie extrêmement rigoureuses pour avoir des données fiables."

Un vaccin d'ici un an et demi? 

Egalement questionnée sur l'avancée des traitements et vaccins liés au Covid-19, Françoise Barré-Sinoussi estime qu'"on ne peut pas encore répondre" car "il faut attendre les résultats des essais qui ont été lancés."

"On peut espérer avoir, dans quelques semaines, les résultats de l'essai Discovery qui a démarré cette semaine, et qui teste un certain nombre de molécules dont le Kaletra et l'hydroxuchloroquine. On peut espérer de premières analyses d'ici deux semaines pour cet essai", estime-t-elle.

En ce qui concerne un éventuel vaccin, la patience est également de mise. 

"Ce sera beaucoup plus long. L'Institut Pasteur prépare un candidat vaccin basé sur celui de la rougeole. Les constructions seront faites rapidement, mais les essais vaccinaux vont prendre du temps, au moins un an, un an et demi", conclut Françoise Barré-Sinoussi.
Hugo Septier