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Cancer: le nombre de cas progresse, la mortalité régresse

L’Institut national du cancer (INCA) et Santé publique France ont présenté ce mardi l’évolution de l’incidence et de la mortalité des cancers en France métropolitaine. Si le nombre de nouveaux cas progresse, la mortalité recule.

C’est le résultat de l’analyse de 28 années de données médicales. Sans analyse, les chiffres peuvent effrayer. Entre 1990 et 2018, le nombre de nouveaux cas a progressé de 65% chez l’homme (de 124.000 à 204.600 cas) et de… 93% chez la femme (de 91.800 à 177.400 cas).

Les causes de cette explosion diffèrent selon les sexes: chez l’homme, l’augmentation des cas est d’abord liée au vieillissement (près de 4 cas sur 10, 39%) et à l’augmentation (2 cas sur 10, 20%) de la population. L’accroissement du risque de cancer lui-même n’est que 6% sur les 28 dernières années pour l’homme.

+5,3% par an de cancers du poumon féminins

Chez la femme, le bond de 93% du nombre de cas depuis 1990 est d’abord expliqué, pour près d’un cas sur deux (45%), à l’augmentation du risque de cancer. L’augmentation et le vieillissement de la population n’interviennent qu’ensuite.

Cette différence entre les hommes et les femmes s’explique notamment par l’augmentation de nouveaux cas de cancer du poumon féminin, en progression de 5,3% chaque année depuis 1990. "Une progression liée à l’augmentation du tabagisme", note l’INCA. "Ce sont des femmes qui ont commencé à fumer dans les années 1980, à l’époque où le marketing social leur laissait entendre que c’était bien", explique Anne Gallay, directrice des maladies non transmissibles à Santé Publique France.

"La mortalité recule de 54% chez l’homme et de 25% chez la femme"

Quant à la mortalité, fort heureusement, sa courbe n’a pas suivi celle de l’incidence, c’est-à-dire du nombre de nouveaux cas. Factuellement, le nombre de décès a progressé de 6% chez l’homme sur la période 1990‑2018 (84.400 et 89.600) et de 26% chez la femme (54.000 et 67.800). Mais là encore, il faut corriger ce bilan en prenant compte de l’augmentation et du vieillissement de la population.

Résultat: "À taille de population et à répartition d’âge égales, la mortalité recule de 54% chez l’homme et de 25% chez la femme", nous explique le docteur Gautier Defossez, médecin épidémiologiste du réseau Francim.

"Tous cancers confondus, elle régresse en moyenne de 1,8% par an chez l’homme, et de 0,8% chez la femme", poursuit le coordinateur du registre général des cancers de Poitou-Charentes.

-3,5% de nouveaux cas par an de cancer de la prostate

Illustrations de cette nouvelle encourageante: grâce à un meilleur dépistage, aux diagnostics plus précoces ou aux progrès de la médecine, la mortalité du cancer du sein régresse de 1,3% chaque année depuis 1990, alors même que les cas progressent (+ 0,6% par an par exemple entre 2010 et 2018).

Le cancer colorectal perd doucement du terrain (-0,6% de nouveaux cas chaque année chez les hommes), moins vite que celui de la prostate: -3,5% par an entre 2010 et 2015 et une mortalité en recul de 3,7% dans la même période.

Margaux de Frouville