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Cancer du sein: comment expliquer les bénéfices de l'activité physique?

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Des chercheurs danois expliquent dans une récente étude les bienfaits de l'activité physique contre le cancer du sein au niveau cellulaire. Celle-ci provoque un niveau élevé d'adrénaline, une hormone qui réduit la survie des cellules cancéreuses et bloque la prolifération des tumeurs.

Outre la prévention des maladies cardiovasculaires, du diabète et de l'obésité, une activité physique régulière contribue à réduire la fréquence de survenue de cancers. Mais le sport pendant la maladie et ses lourds traitements présente aussi des avantages puisqu'il permet "d'améliorer la survie des personnes malades, ainsi que leur qualité de vie", comme l'explique l'institut national du cancer (Inca).

Plus précisément, il est reconnu qu'être actif pendant un cancer aide à combattre efficacement la fatigue, à lutter contre certains effets secondaires des traitements comme la chimiothérapie (nausées, vomissements, constipation, diarrhée) et surtout à éviter le risque de récidive. Au lieu de mener une nouvelle étude sur le sujet, des chercheurs du Copenhagen University Hospital ont voulu savoir quels mécanismes biologiques entrent en jeu pour expliquer cet effet bénéfique.

Dans le but, à terme, d'élaborer des interventions thérapeutiques pour cibler la progression des tumeurs. Dans la revue scientifique Cancer Research, ils expliquent avoir découvert que les femmes atteintes d'un cancer du sein et sous traitement présentaient des différences dans leur plasma sanguin après des exercices physiques modérés à intenses. Ce dernier était en effet plus riche en adrénaline, une hormone naturelle qui permettrait de prévenir la croissance et la survie des cellules cancéreuses.

Les cellules cancéreuses prolifèrent moins

Les chercheurs ont obtenu des échantillons de sang de sept femmes en bonne santé et 20 femmes traitées avec une chimiothérapie après une intervention chirurgicale pour un cancer du sein en début de stade. Les échantillons des femmes du deuxième groupe ont été prélevés avant et après deux heures d'activité sportive modérée à intense, ces dernières faisant partie d'un programme de rééducation sportif de six semaines mené en hôpital.

Les résultats ont montré que le sérum sanguin obtenu après le sport chez les femmes atteintes d'un cancer du sein a permis de réduire la survie de deux lignées cellulaires de cancer du sein, appelées MCF-7 et MDA-MB-231, par rapport au sérum obtenu avant l'exercice. Il a également réduit la capacité des cellules MCF-7 à former des tumeurs lorsque celles-ci ont été injectées chez des souris.

Ainsi, 45% des souris recevant ces cellules cancéreuses exposées au sérum obtenu après l'exercice physique ont développé des tumeurs, contre 90% des souris recevant ces cellules exposées au sérum obtenu au repos. Ce phénomène peut s'expliquer par le fait que de l'adrénaline est présent dans le sérum obtenu après du sport et que l'hormone se "fixe" sur la surface de ces cellules cancéreuses, un processus qui les empêche de former d'autres tumeurs.

Ne jamais se lancer sans un avis médical

Une analyse plus approfondie a montré qu'elle active une voie de signalisation qui régule le développement de ces cellules. "Les résultats montrent que l'exercice physique avec une intensité modérée à élevée entraîne une augmentation aiguë des niveaux d'adrénaline, ce qui peut réduire la viabilité des cellules cancéreuses du sein et la croissance de tumeurs par activation d'une voie de signalisation.", résume le Pr Pernille Hojman, principal auteur de l'étude.

Celle-ci ajoute: "Il existe des données épidémiologiques qui suggèrent que l'exercice pourrait être meilleur pour réduire le risque de récidive du cancer du sein positif aux récepteurs hormonaux, ce qui pourrait expliquer pourquoi les effets du sérum obtenus après l'exercice étaient plus prononcés pour les cellules cancéreuses de type MCF-7." Les chercheurs recommandent cependant aux femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein de ne jamais s'engager dans un programme sportif sans consulter un médecin.

Sur le sujet, l'Inca indique que le professionnel de santé a "un rôle essentiel à jouer pour, dès le diagnostic, promouvoir l’engagement dans un mode de vie actif adapté à leur état de santé." Si une adaptation de la prescription d’exercices physiques est nécessaire, l'institut recommande dans l'idéal au moins 30 minutes d’exercice cardiorespiratoire par jour 5 jours par semaine, au moins 2 séances par semaine de renforcement musculaire et des pratiques d’assouplissement et de mobilité articulaire 2 à 3 fois par semaine.

Alexandra Bresson