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1000 fois plus concentré, des aggravations rapides: comment se manifeste la virulence du coronavirus

Coronavirus (illustration).

Coronavirus (illustration). - HO / BRITISH HEALTH PROTECTION AGENCY / AFP

La grande concentration de virus dans certains échantillons, et l'aggravation de la maladie chez des patients en disent chaque jour un peu plus sur la virulence de ce nouveau coronavirus et sa dangerosité.

Apparu fin décembre, le nouveau coronavirus SARS-Cov2 se répand depuis dans le monde entier. Si des inconnues persistent - comme la façon dont ce virus a été transmis à l'homme - les scientifiques en apprennent un peu plus chaque jour sur cette nouvelle maladie appelée Covid-19. L'évolution et la virulence de cette dernière se fait par exemple de plus en plus claire pour les médecins.

La virulence est "l'aptitude d'un germe (bactérie, virus) à se multiplier dans un organisme, déterminant ainsi une maladie", explique le Larousse. Il s'agit de l'intensité du pouvoir pathogène (capacité à infecter) d'un micro-organisme, et les chercheurs observent, chez le nouveau coronavirus, une virulence particulièrement forte pour certains patients.

Une quantité de virus "vraiment très élevée"

"On est quand même très très surpris par le niveau de la quantité de virus qu'on a dans certains prélèvements qui est vraiment très élevée", expliquait jeudi à Emmanuel Macron, Sylvie van der Werf, la responsable du centre national de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur.

"C'est ce que vous me disiez l'autre jour, mille fois plus de concentration?" relance le président français. "Ah oui ça n'a rien à voir avec ce que l'on voit classiquement pour la grippe et d'autres virus respiratoires ou même ce que j'avais pu voir pour le MERS ou le Sars-Cov1 (deux maladies respiratoires ayant causé des épidémies mortelles, NDLR)", explique la scientifique, "en tous cas au niveau respiratoire supérieur on n'a pas du tout ces quantités de virus et c'est probablement ce qui favorise la transmission", soit la contagion de ce coronavirus.
Selon les observations actuelles, une personne infectée transmet le virus à 2 ou 3 personnes. Comme le précise Santé Publique France, "il est probable que ce coronavirus soit similaire aux autres coronavirus humains, qui sont généralement transmis lors de contacts étroits par l’inhalation de gouttelettes infectieuses émises lors d’éternuements ou de toux par le patient ou après un contact avec des surfaces fraîchement contaminées par ces sécrétions".

Une aggravation de la maladie

Les scientifiques observent également un renforcement de la maladie après quelques jours. "Les premiers symptômes sont peu spécifiques: maux de tête, douleurs musculaires, fatigue. La fièvre et les signes respiratoires arrivent secondairement, souvent deux ou trois jours après les premiers symptômes", écrit l'Institut Pasteur.

"C'est une maladie qui évolue en deux temps", explique sur BFMTV Frederic Adnet, chef du service des urgences de l'hôpital Avicenne. Dans un premier temps, on observe une "phase où c'est à peu près stable pendant 5/6 jours il y a des syndromes grippaux, de la fièvre, de la toux, mais pas du tout d'essoufflement", explique le médecin. "Et tout à coup au 6e/7e jour, tout va beaucoup plus vite, ça s'emballe et chez certains patients - minoritaires mais quand même - ce sont les formes graves qui se développent."

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"Avoir de la fièvre, mal à la tête, des douleurs musculaires c'est le syndrome grippal, ce n'est pas inquiétant, et la majorité des patients infectés ne développent que cette forme là", précise le médecin.

Il ajoute que cette aggravation peut arriver plus rapidement "chez les patients très fragiles, ils ne peuvent pas se défendre donc ça se déclenche tout de suite. Mais en général c'est au 5e, 6e, 7e jour, un essoufflement apparaît et si on est essoufflé et qu'on a de la fièvre là il faut aller aux urgences", car le patient a besoin d'être hospitalisé "rapidement, d'urgence parce qu'il faut lui donner de l'oxygène".

Maintien à l'hôpital de 20% des malades.

"La gravité des signes cliniques nécessite le maintien à l'hôpital d'environ 20% des malades et 5% nécessitent une admission en réanimation", écrit l'Institut Pasteur. "Les formes les plus graves sont observées principalement chez des personnes vulnérables en raison de leur âge (plus de 70 ans) ou de maladies associées."

Mais Frédéric Adnet explique aussi voir arriver "des patients plutôt jeunes, sans antécédent". Selon le Directeur Général de la Santé Jérôme Salomon, la moitié des personnes en réanimation actuellement en France a moins de 60 ans.

En France, le dernier bilan jeudi soir fait état de 10.995 cas avérés et de 372 morts. Il y a actuellement 4761 personnes hospitalisées, dont 1122 cas lourds qui ont rejoint les services de réanimation. "Les cas de contamination doublent tous les quatre jours", a également averti Jérôme Salomon dans son point de jeudi.

Salomé Vincendon