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Reconnaissance d'un Etat palestinien: qui va voter quoi à l'Assemblée?

Une manifestante brandit un drapeau palestinien en signe de solidarité à Ofer, en Cisjordanie. L'Assemblée nationale se prononcera, le 2 décembre, sur une proposition de résolution socialiste sur la reconnaissance d'un Etat de Palestine.

Une manifestante brandit un drapeau palestinien en signe de solidarité à Ofer, en Cisjordanie. L'Assemblée nationale se prononcera, le 2 décembre, sur une proposition de résolution socialiste sur la reconnaissance d'un Etat de Palestine. - Abbas Momani - AFP

Les députés français sont appelés à voter, ce mardi, sur une proposition de résolution socialiste invitant le gouvernement français à reconnaître officiellement l'Etat palestinien. La question, hautement sensible, divise l'hémicycle. Tour d'horizon des intentions de vote.

Un dossier épineux, qui divise fortement l'Assemblée nationale. Après leurs homologues britanniques, suédois et espagnols, les députés français sont appelés à se prononcer ce mardi sur la proposition de résolution sur la reconnaissance d'un Etat palestinien, initiée par Benoît Hamon et portée par Elisabeth Guigou. Un texte, qui, s'il venait à être adopté, n'aurait toutefois rien de contraignant pour le gouvernement. En revanche, il pourrait s'agir d'un message fort envoyé à l'exécutif, mais aussi à l'ensemble de la communauté internationale.

Si les députés socialistes devraient voter en très large majorité pour la reconnaissance d'un Etat palestinien, l'opposition apparaît plus que réticente. Qui va voter quoi? BFMTV.com fait le point.

> Quasi-unanimité à venir chez les socialistes

A l'origine de la proposition de résolution, le groupe socialiste devrait sans surprise voter très majoritairement pour. Toutefois, une dizaine de députés PS, sur les 289 qui siègent à l'Assemblée, n'a pas signé le texte de résolution préparé par le groupe, et ne devrait pas la voter. Plusieurs de ces élus sont membres du groupe d'amitié France-Israël, comme le souligne Le Lab, et regrettent que la résolution ne condamne pas les actes antisémites qui se sont produits cet été en France.

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux, a en tout cas appelé à "dépasser les clivages politiciens". "Dans les autres Parlements, le vote s'est fait à la quasi-unanimité", a-t-il insisté. 

> A l'UMP, le vote "contre" ou la non participation

De leur côté, les députés UMP oscillent désormais entre la non participation au scrutin, et le vote contre, selon leur chef de file, Christian Jacob. "On calera définitivement notre position mardi (ce 2 décembre, NDLR) en réunion de groupe, puisqu'il y aura un vote solennel. Aujourd'hui, nous sommes très majoritairement entre la non participation au vote et le vote contre", a-t-il expliqué la semaine dernière. Sur le fond, le groupe UMP persiste à penser que ce dossier dépend du "domaine réservé de l'exécutif".

Au cours d'un meeting à Boulogne-Billancourt, mardi soir, Nicolas Sarkozy, a pour sa part appelé l'UMP à voter contre la proposition de résolution après "les attentats odieux et sanglants de Jérusalem". "Je me battrai pour que les Palestiniens aient leur Etat. Mais une reconnaissance unilatérale quelques jours après un attentat meurtrier et alors qu'il n'y a aucun processus de paix, non!", a lancé l'ancien président de la République. Même son de cloche du côté d'Hervé Mariton et Christian Estrosi, qui estiment qu'un vote "pour" reviendrait à soutenir le Hamas. Le député-maire du Puy-en-Velay, Laurent Wauquiez, a quant à lui indiqué ce mardi matin qu'il voterait contre ce qu'il estime être un texte "sans impact".

Pas de consigne claire en revanche du côté du groupe UDI, également divisé sur cette question. Philippe Vigier, le chef de file des députés UDI, les a ainsi appelé à voter "comme ils l'entendent", rapporte Le Figaro. Invité sur BFMTV et RMC mardi matin, le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a annoncé qu'il voterait contre, disant préférer une position européenne commune à ce qu'il qualifie d'"opération électoraliste".

> Division au Front national

La députée FN Marion Maréchal Le Pen et l'élu apparenté FN, membre du Rassemblement bleu Marine, Gilbert Collard, ont exprimé des positions divergentes sur la question. La députée du Vaucluse avait indiqué sur BFMTV, le 18 novembre, qu'elle voterait pour. "Au Front national, nous sommes pour la reconnaissance d'un Etat palestinien parce que nous estimons que cette reconnaissance donnera des droits mais aussi des devoirs et des moyens pour lutter contre le terrorisme", avait-t-elle argumenté. Mais selon France Inter, la jeune élue aurait finalement décidé de s'abstenir. Gilbert Collard a quant à lui indiqué, sur Twitter, qu'il voterait contre.

> Pas d'hésitation à l'extrême gauche

Aucune division en revanche chez les députés Front de gauche, qui voteront la résolution socialiste car, expliquent-ils dans un communiqué, ils "ne peuvent que souscrire à cet appel salutaire à la raison et à la justice qui, malheureusement, n'a jusqu'ici jamais été entendu par le gouvernement français".

Enfin, les écologistes, en pointe sur cette question, devraient aussi se prononcer en très large majorité en faveur de la reconnaissance d'un Etat palestinien. Plusieurs sénateurs Europe Ecologie-Les Verts ont d'ailleurs déposé, en octobre, une proposition de résolution devant la Chambre haute.

Adrienne Sigel