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Propos sur Hitler et les tziganes: 3.000 euros d'amende pour Bourdouleix

Le député-maire UMP de Cholet Gilles Bourdouleix pose devant sa mairie, le 26 mai 2006.

Le député-maire UMP de Cholet Gilles Bourdouleix pose devant sa mairie, le 26 mai 2006. - AFP

Ses propos avaient déclenché la polémique. "Comme quoi, Hitler, il n'en a peut-être pas tué assez...", avait lancé l'été dernier Gilles Bourdouleix, le député-maire de Cholet, au sujet de gens du voyage.

Mise à jour, 24/02/2017: La condamnation du maire de Cholet a été annulée en décembre 2015.

Il a donc vu sa peine alourdie. Poursuivi pour "apologie de crime contre l'Humanité", Gilles Bourdouleix, député-maire de Cholet (ex-UDI), a été condamné mardi à une amende de 3.000 euros par la cour d'appel d'Angers pour avoir dit, l'été dernier, lors d'une altercation avec des gens du voyage, qu'Hitler "n'en avait peut-être pas tué assez".

La cour d'appel a ainsi alourdi la peine prononcée à l'encontre de l'élu en première instance. Gilles Bourdouleix avait été condamné en janvier à une amende de 3.000 euros également, mais assortie d'un sursis. Neuf associations s'étaient portées partie civile.

SOS Racisme se "félicite"

Dans un communiqué, SOS Racisme s'est félicité du jugement, relevant que les gens du voyage "comptent parmi les plus stigmatisés et discriminés d'Europe et qu'il est normal que les incitations à la haine d'élus de la République soient les plus sévèrement sanctionnés possible".

Dénonçant un contexte "nauséabond (...) tant la parole raciste s'est libérée à l'encontre des gens du voyage", SOS Racisme estime "qu'un élu de la République s'adonne à de telles violences verbales, que rien ne saurait justifier, est inadmissible et met gravement en danger notre fragile vivre ensemble".

Lors de l'audience en appel, en avril, l'avocat général avait requis une amende de 750 à 5.000 euros contre le député-maire de Cholet (Maine-et-Loire).

Contraint à quitter l'UDI

Tout en dénonçant "un dérapage verbal intolérable", l'avocat général, Olivier Tcherkassof, avait souligné le contexte particulier dans lequel ses propos avaient été tenus. Le 21 juillet 2013, au cours d'une altercation sur un terrain agricole de sa commune occupé illégalement par plus d'une centaine de caravanes de gens du voyage, Gilles Bourdouleix, cible de saluts nazis et d'accusations de racisme, avait glissé à un journaliste "qu'Hitler n'en avait peut-être pas tué assez". Rapportés le lendemain par le quotidien régional Le Courrier de l'Ouest, ces propos avaient créé un tel tollé en France que Gilles Bourdouleix, maire de Cholet depuis 1995 et député depuis 2002, avait été contraint de quitter l'UDI.

Alors qu'une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis et une amende de 5.000 euros avaient été requises à son encontre en première instance, l'élu s'était vu infliger une amende de 3.000 euros avec sursis en janvier par le tribunal correctionnel d'Angers.

V.R. avec AFP