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Primaire de la gauche: comparez les programmes de Valls et de Peillon

Vincent Peillon et Manuel devant le Palais de l'Élysée en août 2013.

Vincent Peillon et Manuel devant le Palais de l'Élysée en août 2013. - BERTRAND GUAY - AFP.

Les candidats à la primaire socialiste Manuel Valls et Vincent Peillon ont dévoilé, ce mardi, les grandes orientations de leur programme. Des projets différents malgré des similitudes.

Tandis que les deux tenants de l’aile gauche du Parti socialiste Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont déjà fait connaître leurs axes de campagne, Manuel Valls et Vincent Peillon, entrés tardivement dans la course à la primaire socialiste, ont présenté mardi leurs projets respectifs. L’ancien Premier ministre et l’ex-ministre de l’Education nationale devaient chacun trouver leur place dans la compétition. 

Contrairement à Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, qui attaquent le bilan de François Hollande et rappellent qu’ils ont quitté le pouvoir sur fond de désaccord politique, Manuel Valls et Vincent Peillon se placent tous les deux en héritiers du quinquennat, pas du chef de l'Etat, bien que le second s'approprie plusieurs promesses de 2012. 

Manuel Valls, qui a choisi pour slogan "Une République forte, une France juste", mise sur un projet de 50 pages pour l'emporter. Vincent Peillon a lui mis en ligne sur son site de campagne un projet un peu plus long intitulé "Propositions pour la France".

Quelques convergences…

Sur plusieurs aspects, leurs idées, leurs idées se rejoignent. 

Sécurité. Tous les deux proposent de porter à 2% le budget de la défense et la création de 5.000 postes de gendarmes et policiers supplémentaires en cinq ans.

Institutions. Les deux candidats défendent la limitation du cumul des mandats dans le temps, la baisse du nombre de parlementaires, la suppression de la Cour de Justice de la République. Ils ont également fait savoir leur volonté de consulter les citoyens lors de la fabrication des lois au Parlement.

35 heures. Les deux candidats sont pour le maintien des 35 heures.

Europe. Vincent souhaite "acter une pause dans le processus d'élargissement" de l'Union européenne, afin qu'elle puisse "se concentrer sur elle-même". Même son de cloche chez Manuel Valls, qui ajoute à cela le rejet définitif de l'adhésion de la Turquie.

Les nuances…

Fiscalité. Vincent Peillon souhaite créer un "bouclier fiscal" pour les plus modestes. La taxe d'habitation sur la résidence principale serait ainsi limitée à 20% du revenu mensuel, pour ceux dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 17.850 euros par part. Manuel Valls a déclaré vouloir continuer à "baisser les impôts des classes moyennes et populaires", sans en préciser les contours.

  • Loi Travail. Manuel Valls a usé de l'article 49.3 pour faire passer la loi Travail à l'Assemblée nationale et ne reviendra pas dessus. Vincent Peillon propose de son côté une révision partielle de la loi El Khomri. Il entend "revenir sur plusieurs dispositions" du texte, dont l'article relatif à l'inversion de la hiérarchie des normes.

Aides sociales. Manuel Valls se dit favorable à la création d’un revenu décent, d’environ 850 euros par mois pour les plus modestes. Vincent Peillon a préféré souligner l’importance pour les familles de recevoir des allocations familiales dès le premier enfant.

Laïcité. Manuel Valls plaide pour une "laïcité réaffirmée", qui passera par la mise en place d’une "Charte de la Laïcité adossée à la Constitution". Vincent Peillon défend la "neutralité" de l’État et ne propose pas de texte supplémentaire, même s’il souhaite que la loi de 1905 soit "protégée comme bien commun".

  • Relance européenne? Dans son programme résolument européen, Vincent Peillon souhaite "construire un New Deal européen" et lancer un "plan d’investissement" de 1.000 millards d’euros. De son côté Valls propose une "conférence de refondation de l’Europe" avec un seul "projet clair: la protection des Européens à l’heure de la mondialisation". Il insiste sur la notion de "souveraineté" qui s’adresse notamment aux classes populaires qui s’estiment "dépossédées de leur destin".

Baisse des déficits. Vincent Peillon juge nécessaire de "poursuivre" la baisse des déficits préconisée par l'UE. Le non-respect des engagements en matière budgétaire est une "machine à tuer l'idée européenne" selon lui. Manuel Valls entend respecter la règle européenne des 3% de déficit public maximum, mais n'a pas l'intention de revenir à l'équilibre budgétaire à la fin du prochain quinquennat.

dossier :

Manuel Valls

Maëva Poulet