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Présidentielle: ce que proposent les candidats pour la santé

Emmanuel Macron, Marine le Pen, François Fillon, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Nicolas Dupont-Aignan (de gauche à droite et de haut en bas)

Emmanuel Macron, Marine le Pen, François Fillon, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Nicolas Dupont-Aignan (de gauche à droite et de haut en bas) - Alain Jocard, Patrick Hertzog, François Guillot, , Thomas Samson, Jacques Demarthon, Patrick Kovarik - AFP

A deux mois de la présidentielle, plusieurs candidats ont présenté ce mardi leur projet sur la santé. Une thématique sur laquelle les propositions et les divisions ne manquent pas. Tour d'horizon des programmes.

Durant toute la matinée, les candidats à la présidentielle se sont succédé ce mardi sur la scène du Palais Brongniart, à Paris, pour présenter leurs programmes en matière de santé. Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Yannick Jadot, Nicolas Dupont-Aignan et François Fillon se sont exprimés, avant de répondre à de nombreuses questions.

Deux candidats manquaient à l'appel: Marine Le Pen, en déplacement au Liban, et Jean-Luc Mélenchon. Ce même jour, François Fillon a présenté la version revue et corrigée de son projet en la matière. Un programme qui intègre désormais des mesures symboliques, comme l'objectif d'un reste à charge nul en matière de soins dentaires, d'optique et auditifs.

Ce qui a donné l'occasion à Emmanuel Macron de l'interpeller, sans prononcer son nom, puisque le candidat d'En Marche! revendique la paternité de cette proposition. "Parfois on dit que vous n'avez pas de programme, mais on peut le recopier", a-t-il lancé. Sur le thème de la santé, les candidats se rejoignent sur de nombreuses questions, comme l'avenir de l'hôpital, le problème de l'accès et du coût des soins, ainsi que la prévention. Mais dans le détail, les différences sont nombreuses. 

Macron: 5 milliards d'euros pour l'hôpital

Emmanuel Macron, le premier à passer à la tribune, a plaidé pour une meilleure organisation du système de soins et en particulier pour un désengorgement de l'hôpital, ce pour quoi il a promis 5 milliards d'euros d'investissement.

Afin de soulager les établissements hospitaliers, le candidat souhaite développer les structures en amont et en aval, et notamment l'ambulatoire, ainsi que les maisons pluridisciplinaires de santé, qu'il souhaite doubler et faire passer à 2.000 d'ici à 2022. Il veut aussi développer les "maisons de répit", à même d'accueillir des malades ne pouvant pas encore regagner leur domicile. Il souhaite encore investir dans l'innovation médicale, pour permettre notamment les consultations à distance.

Concernant le coût des soins, Emmanuel Macron promet de ne dérembourser aucun soin durant le quinquennat, et comme François Fillon, donc, d'arriver en 2022 à un reste à charge nul concernent l'optique, l'auditif et le dentaire. Enfin, il plaide aussi pour une mise en concurrence plus claire des mutuelles, pour un tiers payant "généralisable mais pas généralisé", et pour la vente de médicaments à l'unité, afin de réduire les gaspillages. 

Dupont-Aignan: handicap et dépendance, grandes causes nationales 

Nicolas Dupont-Aignan prône pour sa part une suppression pure et simple du tiers payant, ainsi qu'une augmentation du numerus clausus, avec la formation de 10.000 médecins par an, pour "assurer une médecine de proximité". Pour lutter contre les déserts médicaux, l'un des enjeux majeurs en matière de santé, le candidat est adepte de la contrepartie financière: les jeunes médecins seraient incités à s'installer dans un secteur géographique sous-doté moyennant finances, grâce à une exonération de charges sociales.

Concernant le coût et l'accès aux soins, le président de Debout la France défend une consultation médicale médicale à 35 euros, un remboursement à 100% des lunettes et la suppression de l'AME, l'aide médicale d'Etat accordée sous conditions aux étrangers en situation irrégulière. Il veut enfin faire du handicap et de la dépendance deux grandes causes nationales, et défend un système de Sécurité sociale unique, sur le modèle du régime général. 

Hamon: la "santé environnementale" au cœur du projet

Pour le candidat vainqueur de la primaire socialiste, la prévention passe notamment par la place accordée à la "santé environnementale", un thème dont il s'est emparé et qui recouvre l'alimentation, l'activité physique, mais aussi l'exposition aux particules fines ou aux perturbateurs endocriniens. Ces substances sont pour lui une "question de santé publique". Benoît Hamon veut aussi lutter contre les déserts médicaux en empêchant les médecins s'installant dans des zones sur-capacitaires d'être conventionnés (leurs patients ne pourraient donc pas être remboursés par la Sécurité sociale).

Il veut donner la possibilité aux médecins de prescrire des activités physiques, modifier l'AME en l'intégrant à la Protection maladie universelle, et faciliter l'accès aux médicaments trop coûteux, en lançant d'office des médicaments génériques "quand les prix sur le marché sont exorbitants". Enfin, concernant l'hôpital, Benoît Hamon est l'un des seuls candidats à aborder la question des personnels soignants et administratifs. Il souhaite améliorer leurs conditions de travail et, plus généralement, faire reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle. 

Jadot: sortir de la tarification à l'acte à l'hôpital

De nombreux points communs rapprochent Yannick Jadot et Benoît Hamon en matière de santé, de quoi rassurer les deux candidats, en pleins pourparlers pour une candidature unique derrière Benoît Hamon. Comme son collègue socialiste, l'écologiste souhaite modifier le financement de l'hôpital, basé sur la tarification à l'activité, qui conduit selon lui à des "conditions de travail abominables".

Pour désengorger l'hôpital, il appelle notamment à la création d'unités de base de soins, comme Benoît Hamon veut développer les maisons de santé. Yannick Jadot défend également le lien fort entre environnement et santé, en mettant l'accent sur l'importance de la prévention et sur les maladies liées à la pollution, et notamment au diesel, dont il appelle à sortir. Il souhaite ainsi consacrer 10% des dépenses de santé à la prévention. 

Mélenchon: rembourser les actes prescrits à 100%

Jean-Luc Mélenchon, lui, veut investir 7 milliards d'euros dans la santé, et rembourser à 100% les actes médicaux prescrits, comprenant notamment l'optique, le dentaire et l'auditif, en intégrant les mutuelles à la Sécurité sociale.

A l'hôpital, il veut lui aussi revenir sur la tarification à l'acte, recruter 10.000 médecins et 52.000 soignants en 5 ans. Contre les déserts médicaux, il souhaite que des médecins généralistes fonctionnaires y exercent pendant leurs études. Jean-Luc Mélenchon plaide aussi pour des centres de santé pratiquant le tiers payant, pour un réseau public de maisons de retraite et pour la promotion du droit au suicide assisté. 

Fillon: des soins mieux remboursés

Ce mardi, François Fillon a présenté son plan B pour la santé, plus consensuel que sa première mouture. Il propose désormais de rembourser les lunettes pour enfants à 100% et, à la fin du quinquennat, d'arriver à un reste à charge nul concernant les soins les plus coûteux, dont les prothèses auditives et dentaires, et les soins optiques.

Il veut également un retour progressif aux 39 heures à l'hôpital et la réintroduction du jour de carence. Il souhaite aussi mettre en place un "plan santé à l'école" et une consultation de prévention gratuite pour tous les Français, tous les deux ans. Enfin, le candidat de la droite réaffirme sa volonté de supprimer l'AME et le caractère obligatoire du tiers-payant. De manière générale, il veut réduire de 20 milliards d'euros les dépenses de soins, dans des modalités qui restent à définir. 

Le Pen: créer une 5e branche de l'Assurance maladie

La présidente du Front national souhaite appliquer la préférence nationale à la santé. Elle veut augmenter le numerus clausus pour réduire le nombre de médecins étrangers, créer une Carte vitale biométrique pour lutter contre la fraude et supprimer l'AME.

Elle défend également de manière plus générale la garantie d'une Sécurité sociale pour tous les Français, le remboursement de l'ensemble des risques pris en charge par l'Assurance maladie, et la création d'une "cinquième branche" dédiée à la dépendance. Concernant l'hôpital, elle souhaite augmenter les effectifs. Contre les déserts médicaux, elle veut enfin créer des stages d'internat en médecine dans les zones concernées.

Comparez les propositions pour la santé des candidats

Charlie Vandekerkhove