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Urvoas sur Valls: "L'emploi du mot apartheid est maladroit"

Jean-Jacques Urvoas mercredi sur BFMTV.

Jean-Jacques Urvoas mercredi sur BFMTV. - BFMTV

Le député PS du Finistère était l'invité de BFMTV et RMC mercredi matin. Retrouvez ici l'essentiel de son interview.

Terrorisme, renseignement, Manuel Valls... Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère et président de la commission des lois à l'Assemblée nationale, était l'invité de BFMTV et RMC mercredi matin. 

#La polémique: "le mot 'apartheid' est maladroit"

Lors de ses voeux à la presse mardi, Manuel Valls a parlé" d'un "apartheid territorial, social et ethnique" pour parler de la situation en France. "Je n'aurais pas choisi ce mot-là", reconnaît Jean-Jacques Urvoas, "car il est connoté historiquement et géographiquement".

Ce proche de Manuel Valls qualifie ce terme de "maladroit". "Je lui aurais préféré le terme de 'ghetto'". "Ce qu'il veut dire par ce terme, c'est que la réponse à la situation actuelle ne sera pas que sécuritaire. Mais je ne pense pas qu'à l'avenir Manuel Valls réemploiera ce terme", prédit Jean-Jacques Urvoas.

#Coulibaly: "il y a évidemment un échec de la police"

Commentant sur l'information du Canard enchaîné, selon lequel Amedy Coulibaly, auteur de la prise d'otages de la porte de Vincennes, aurait été contrôlé par hasard par la police le 30 décembre, une semaine avant les attentats, Jean-Jacques Urvoas explique que "les policiers ont fait leur travail. Ils avaient une fiche qui leur disait d'alerter, ils l'ont fait. Mais évidemment, il y a un échec", reconnaît-il. "Notre problème aujourd'hui, c'est de savoir pourquoi nous n'avons pas pu anticiper le passage à l'acte de ces individus".

#Les annonces: "plus d'effectifs dans le renseignement"'

Manuel Valls s'apprête à annoncer mercredi matin une série de mesures pour lutter contre le terrorisme. "J'imagine que Manuel Valls va annoncer par exemple qu'il faut augmenter les effectifs dans le renseignement. Il y a actuellement 3.300 personnes à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), il en faudra beaucoup plus. (...) Dans le renseignement territorial, ils sont aujourd'hui 1.975, il faut qu'ils soient plus nombreux. Même chose à la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris: ils sont 875. Enfin il faut renforcer le renseignement pénitentiaire: ils sont seulement 30 pour 67.000 détenus. "

"Je pense que le Premier ministre donnera au ministère de l'Intérieur des moyens que le ministre de l'Intérieur Manuel Valls n'osait même pas imaginer", ajoute Jean-Jacques Urvoas, sans entrer davantage dans les détails.

#Surveillance: "il faut relever le plafond des écoutes"

"En moyenne chaque année, 6.000 personnes sont écoutées en France", indique Jean-Jacques Urvoas. "Il faut relever ce plafond. Je souhaite que le Premier ministre prenne un arrêté dans ce sens". "En prison par exemple, aux Baumettes à Marseille, on trouve 500 portables par an alors que le téléphone est interdit en prison. Nous n'avons aucune capacité d'écoute de téléphones interdits", déplore-t-il.

Aujourd'hui, placer des mouchards sur des véhicules de terroristes présumés est possible uniquement pour la police judiciaire, pas pour la police administrative. "Je pense qu'il faut changer la loi. Il faut donner un statut à ces balises pour permettre la géolocalisation" des suspects. Même chose pour la sonorisation de lieux privés. "Mais on ne va pas rentrer chez tout le monde", tient à rassurer Jean-Jacques Urvoas. "Nous sommes dans une situation de droit commun. Notre arme, c'est le droit pénal. Ce que je veux, c'est encadrer des mesures dont les policiers ont besoin. Je suis déterminé à tout faire pour que la police ait les moyens de protéger les Français sans porter atteinte aux libertés individuelles".

A. K.