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Notre-Dame: deux ans après l'incendie, où en est l'enquête?

Le président Emmanuel Macron doit rendre visite au chantier ce jeudi matin. Les enquêteurs ont fait leurs prélèvements.

Il y a deux ans jour pour jour, le 15 avril 2019, une information judiciaire était ouverte après l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris. Pour marquer cette étape, et alors que l'enquête se poursuit, Emmanuel Macron doit se rendre sur place ce jeudi pour visiter le chantier de la reconstruction. S'il semble peu probable que les travaux soient achevés le 15 avril 2024, conformément à l'engagement du chef de l'État - qui affirme que cet objectif sera tenu dans Le Parisien ce jeudi - le monument doit pouvoir accueillir une première messe dans la nef à cette échéance.

D'ici là, trois juges d'instruction du tribunal judiciaire tenteront de déterminer les causes du drame qui s'est produit il y a deux ans. S'agit-il d'un acte de malveillance ou d'un banal accident? Une centaine d'auditions - d'ouvriers de la société d'échafaudage, d'agents qui ont découvert le départ de feu, de membres de la sécurité, etc - ont déjà été menées. L'épidémie de Covid-19 et son cortège de règles sanitaires, de distanciation, de précaution, ont toutefois ralenti les recherches.

Des enquêteurs descendus en rappel

Par ailleurs il a fallu sécuriser le site, une tâche extrêmement longue. Les enquêteurs ont dû attendre que soit démantelé l’échafaudage qui enserrait la cathédrale. Cela a été accompli en novembre dernier. Une fois cette sécurisation entièrement effectuée, il s'est agi d’effectuer tous les prélèvements possibles.

Une grande partie de ces investigations sur site sont achevées. Il y a une dizaine de jours encore, des enquêteurs se sont rendus dans la cathédrale précisément au dessus de la voute au niveau sud-est. Concentrés sur cette zone, ils sont descendus en rappel pour pouvoir faire leurs prélèvements. Pour réaliser cette opération, ces enquêteurs ont dû être formés par des cordistes.

Étudier les prélèvements

Les prélèvements ont ensuite été transmis aux laboratoires des monuments historiques et laboratoire de la préfecture de police. C'est désormais un long travail d'analyse et d'expertise très poussées de ces prélèvements - bois, gravats, etc - qui commence.

La piste criminelle, comme il y a deux ans, n'est toujours pas celle qui est privilégiée. Rien ne semble l'accréditer. Les autres, dont un départ de feu à cause d’une cigarette mal éteinte ou d'un dysfonctionnement du système électrique, sont toujours à l’étude.

Des défaillances dans la sécurité de la cathédrale ont été identifiées, notamment dans le dispositif d'alarme de l'édifice. Cela a contribué à retarder l'appel aux pompiers le jour de l'incendie. Ces dysfonctionnements ne sont vraisemblablement pas à l'origine de l'incendie, mais ils ont pu permettre aux flammes de se propager rapidement dans l'édifice. Avec les effets désastreux que l'on sait.

Par Jules Pecnard avec Mélanie Vecchio