BFMTV
Politique

Mort d'un manifestant à Sivens: "le ministre de l'Intérieur est responsable", pour Bové

José Bové était l'invité de BFMTV et RMC mardi.

José Bové était l'invité de BFMTV et RMC mardi. - BFMTV

Le député européen EELV José Bové a réagi à la mort d'un jeune manifestant sur le barrage de Sivens, dans le Tarn ce week-end. Bernard Cazeneuve dénonce une "instrumentalisation politique d'un drame".

Barrage de Sivens, politique de François Hollande... José Bové, député européen Europe écologie - Les Verts, était l'invité de BFMTV et RMC mardi matin. Voici l'essentiel de ses déclarations.

#L'attaque: "le ministre de l'Intérieur est responsable"

José Bové était présent à Sivens samedi, sur les lieux du barrage contesté où un manifestant est mort. Pour lui, "il faut attendre clairement les résultats des analyses, mais beaucoup de témoignages sont concordants pour dire que l'engin qui a tué Rémi Fraisse venait de chez les gendarmes."

Pour lui, "le ministre de l'Intérieur est responsable. C'est l'Etat qui est responsable, qui a envoyé les forces de l'ordre" sur place. "On a envie au niveau du ministère que les choses dérapent, car cela discrédite le mouvement. Et au lieu de parler du fond du dossier, on parle des incidents. C'est de la manipulation". 

Des propos jugés "indignes" et "scandaleux" par Bernard Cazeneuve mardi. Ils "relèvent de l'instrumentalisation politique d'un drame. Cela n'est pas acceptable et doit être condamné avec la plus grande fermeté", selon le ministre de l'Intérieur. Il s'agit de la première intervention publique d'un membre du gouvernement depuis le drame - intervention réclamée par l'ensemble des écologistes depuis 48 heures.

#La défense: "je n'ai pas entendu crier contre les destructions de Morlaix"

Après la stratégie de l'attaque, José Bové tient à défendre aussi les manifestants de Sivens. Et s'il admet la présence d'une "frange" de personnes violentes, il assure: "la stratégie non-violente est toujours préférable. Mais dans ce genre de mouvement, on ne trie pas les gens à l'entrée (...) Il y a des provocateurs, des infiltrés présents pour faire dégénérer les choses. D'ailleurs, tout le monde accuse les manifestants anti-barrages. Mais je n'ai pas entendu beaucoup de cris contre ceux qui ont détruit la mutualité sociale de Morlaix, ou le centre des impôts". Une allusion à la colère des bonnets rouges, dont certains militants avaient incendié ces bâtiments publics.

#La menace: "le printemps 2015 va être une catastrophe"

Revenant sur le procès de neuf militants de la Confédération paysanne, jugés mardi à Amiens pour dégradations sur la ferme des 1.000 vaches, José Bové a confirmé s'y rendre "pour les soutenir". "Ils ont démonté la salle de traite pour l'apporter au ministre de l'Agriculture. Quel scandale!", ironise le député européen. "Ils ont eu raison de le faire, et demain j'espère que d'autres actions de ce genre auront lieu". L'objectif de la manifestation d'Amiens, "outre le soutien, c'est de faire en sorte que le projet soit bloqué à 500 vaches au lieu de 1.000." Et de brandir la menace d'une "crise de la production laitière: le printemps 2015 va être une catastrophe. Les paysans sont menacés aujourd'hui".

A. K.