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Mariage pour tous: le sujet qui divise l'UMP

Le logo de l'UMP. Les élus ne sont pas tous d'accord sur le sort à réserver à la loi sur le mariage pour tous

Le logo de l'UMP. Les élus ne sont pas tous d'accord sur le sort à réserver à la loi sur le mariage pour tous - Philippe Huguen - AFP

A l'UMP, la question du mariage et de l'adoption pour les couples homosexuels reste sensible. Partisans de l'abrogation et soutiens de la Manif pour tous côtoient dans le parti d'opposition ceux qui ne veulent plus toucher au texte. Seules les questions de la PMA et de la GPA font consensus.

La loi Taubira autorisant le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe, reste un enjeu de société majeur qui divise l’UMP. Dernière prise de position en date, celle de Nicolas Sarkozy, à qui il avait été reproché, par les "pro comme les "anti", de ne pas avoir été assez clair dimanche dernier lors de son passage au 20h de France 2. Désormais, le candidat à la présidence de l’UMP entend "inscrire dans la Constitution des verrous juridiques pour réserver la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples hétérosexuels infertiles et interdire complètement la GPA (gestation pour autrui)".

Quant à la loi telle qu'elle existe aujourd'hui, silence radio, mais Nicolas Sarkozy "s'en fout", selon des informations du Nouvel Observateur. Or, parmi ses proches, des divergences existent: Nathalie Kosciusko-Morizet ne veut pas changer la loi (mais est aussi contre la GPA), quand Laurent Wauquiez défend au contraire l’abrogation du texte.

Bertrand pour l'abrogation

Dans cette optique, il vient d’être rejoint par le candidat déclaré à la primaire UMP de 2016, Xavier Bertrand. L’ancien ministre du Travail effectue son retour sur le devant de la scène politique à la Une de Valeurs Actuelles en annonçant qu’il "abrogera ou réécrira" la loi. "Je n'ai plus peur des mots: réécriture, abrogation, c'est la même chose", dit-il. Le candidat à la présidence de l’UMP, Hervé Mariton, est lui aussi un ardent défenseur de l’abrogation comme du mouvement La Manif pour tous, aux côtés duquel il défilera ce week-end dans les rues de Paris et Bordeaux.

Dans les cortèges se trouveront aussi quelques élus UMP dont Henri Guaino et "vraisemblablement Laurent Wauquiez", a assuré le député Philippe Gosselin.

Juppé ne croit pas à une nouvelle loi

Mais preuve que la ligne officielle de l’UMP reste ardue à définir, d’autres poids lourds ont dû donner leur sentiment. Ainsi, dans une interview à Valeurs actuelles lui aussi, Alain Juppé avait affirmé que la droite ne reviendrait pas sur cette loi, en cas de retour aux responsabilités. Quel que soit l’heureux élu. Pour lui, "il s'agit d'un acquis qui a été intégré par la société française. (…) Soyons réalistes: on ne va pas ‘démarier’ des couples légalement unis".

Dans ce texte il se montrait par ailleurs très prudent sur la question de la PMA et de la GPA, puisque ceux qui se posent en "défenseurs de la famille" sont plutôt des électeurs de droite. Reste aussi François Fillon qui avait lui pris les devants dès mars 2014: pas touche au mariage mais des amendements sont possibles sur la question de l’adoption. 

Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l'UMP, est lui favorable au mariage mais s'oppose "au droit à l'enfant".

Les sympathisants UMP partagés

Au moment des débats, l’UMP avait émis des réserves, étalé ses contradictions, insisté sur la liberté de conscience des maires mais aussi soutenu plus ou moins ouvertement un mouvement contestataire qui s’en prenait ouvertement à François Hollande et à sa ministre Christiane Taubira.

Pourtant, le week-end passé, un sondage révélait que 73% des Français étaient contre l’abrogation de la loi, tout comme 56% des sympathisants UMP.

Samuel Auffray