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Lubrizol: deux agences sanitaires recommandent d'étendre la surveillance des substances

Une manifestation s'est déroulée à Rouen le 8 octobre pour dénoncer un "mensonge" de la part des autorités et des responsables de l'usine Lubrizol

Une manifestation s'est déroulée à Rouen le 8 octobre pour dénoncer un "mensonge" de la part des autorités et des responsables de l'usine Lubrizol - Lou Benoist / AFP

Après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, deux agences sanitaires ont recommandé d'étendre la liste de substances à surveiller, mais aussi de modifier le dispositif pour qu'il fonctionne à long-terme et plus seulement dans l'urgence.

Les agences sanitaires et d'évaluation des risques Anses et Ineris ont recommandé jeudi d'étendre la surveillance des substances générées par l'incendie de l'usine Lubrizol, que ce soit leur nombre ou les lieux où les chercher.

Après l'incendie, la liste des substances doit être élargie

Dioxines, furanes, PCB, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)...: la première liste des substances à surveiller était "pertinente", assurent l'Agence nationale de sécurité sanitaire et de l'alimentation (Anses) et l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) dans deux rapports publiés ce jeudi. Mais ce n'est pas pour autant que le plan de surveillance doit rester inchangé, soulignent les deux organismes saisis par l'Etat après l'incendie.

Ainsi, sur le volet alimentaire, l'Anses suggère d'élargir la liste des substances à rechercher à d'autres traces métalliques (nickel, arsenic inorganique, zinc), aux phtalates ainsi qu'aux retardateurs de flamme utilisés par les pompiers pour éteindre l'incendie. L'agence recommande également de rechercher certaines substances dans l'alimentation animale (fluor, mercure, plomb, dioxines, furanes...).

Vers un dispositif de surveillance à long-terme

Au-delà de la liste des produits à surveiller, les deux organismes appellent à faire évoluer le dispositif de surveillance (méthodes de prélèvement, localisation) pour l'instant basé sur l'urgence.

"Les premiers prélèvements étaient plus de type exploratoire pour détecter des 'signaux'. Ils doivent être remplacés par des pratiques plus adaptées à l'interprétation", note ainsi l'Ineris.

L'Institut recommande notamment de réaliser à plus long terme des prélèvements de sol en profondeur (jusqu'à 20-30 cm), et plus simplement en surface, de prélever des eaux de surface en amont et en aval des rejets du site, ainsi que sur les eaux souterraines. Notant que les "agents d'extinction" utilisés par les pompiers n'ont pas pu être pris en compte dans l'analyse, il suggère également de s'intéresser aux eaux d'extinction.

L'Anses, soulignant que certains animaux d'élevage sont susceptibles de manger de la terre en broutant ou en picorant, encore plus en raison de la sécheresse de l'été, recommande des prélèvements de sols "au titre de la gestion des élevages à long terme".

Ce vendredi, Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, sont à Rouen pour installer un "comité pour la transparence et le dialogue".

J. G. avec AFP