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Présidence LR: trois candidats, dont un favori, en lice pour une rivalité apaisée

Le président des Républicains Christian Jacob

Le président des Républicains Christian Jacob - AFP

Christian Jacob, Guillaume Larrivé et Julien Aubert déposent ce mardi leurs parrainages d'adhérents et de parlementaires au siège du parti. Le patron du groupe LR à l'Assemblée nationale demeure le grand favori du scrutin.

Le casting se précise. Ce mardi, les trois candidats en lice pour concourir à la présidence des Républicains déposent officiellement leurs parrainages au siège du parti. L'ultra-favori du scrutin, Christian Jacob, a annoncé dès lundi après-midi avoir recueilli le soutien de 10.500 adhérents et 122 parlementaires LR.

Ses deux challengers, les députés Guillaume Larrivé et Julien Aubert, participeront à l'élection, prévue pour le 13 octobre. Le premier affirme ce mardi, d'abord dans L'Opinion puis au micro de Franceinfo, être en mesure de déposer le parrainage de 3000 militants. Un chiffre "très au-delà du seuil requis de 1311 parrainages", a-t-il insisté. Il dit atteindre également le seuil des dix parlementaires nécessaires. 

"J’y vois un signe d’encouragement, un signe d’espérance aussi, parce que cette candidature, c’est une démarche d’avenir. Je suis candidat pour transformer Les Républicains maintenant, pour gouverner la France demain", a déclaré l'élu de l'Yonne, soutenu entre autres par les députés Eric Woerth et Constance Le Grip. 

Jacob ratisse large

Julien Aubert, défenseur d'une ligne souverainiste et populaire, revendique un socle plus important. À savoir, plus de 4000 parrainages de militants et 14 parlementaires LR selon Le Figaro. Le 22 juillet, BFMTV.com révélait l'identité de dix d'entre eux, notamment les députés Claude Goasguen, Valérie Boyer et Xavier Breton. S'y ajoutent les sénateurs Sébastien Meurant, Philippe Pemezec et Gérard Longuet. 

Le gros des troupes demeure toutefois derrière Christian Jacob, le consensuel président du groupe LR à l'Assemblée nationale. L'ancien ministre de Jacques Chirac pioche dans à peu près tous les courants du parti. Outre l'appui des sarkozystes Brice Hortefeux, Nadine Morano ou Eric Ciotti, Christian Jacob peut compter sur la jeune garde de LR, incarnée notamment par Aurélien Pradié, Julien Dive, Pierre-Henri Dumont ou Virginie Duby-Muller. Figurent également dans son "pool" de soutiens des proches de Bruno Retailleau et de Valérie Pécresse. 

Surtout, pas d'ambition présidentielle

Cet assortiment est censé conférer au député de Seine-et-Marne son statut de "rassembleur", celui à même de réunir les différents courants d'une famille politique divisée et en danger de marginalisation. 

Comme en 2014 et en 2017, cette nouvelle course à la présidence de LR comptera trois impétrants. Comme lorsque Nicolas Sarkozy s'était à nouveau présenté devant les militants (face à Bruno Le Maire et Hervé Mariton), suivi de Laurent Wauquiez trois ans plus tard (contre Maël de Calan et Florence Portelli), l'issue de cette nouvelle consultation s'annonce prévisible. 

Sa finalité, elle, diffère sensiblement. Après une longue période où les ambitions présidentielles des leaders de la droite ont menacé de la faire imploser, la modestie est de mise. Successeur prédictif de Laurent Wauquiez (Jean Leonetti ne dirige LR que par intérim), Christian Jacob a tenu à montrer patte blanche d'emblée en assurant qu'il n'avait aucune volonté d'investir l'Elysée.

Il s'agit là d'une réelle nouveauté pour les héritiers du gaullisme, mouvement ontologiquement porté vers la conduite de l'État grâce au plébiscite des Français. Faute de figure incontestée dans les rangs, la "guerre des chefs" est désormais leur hantise. 

L'enjeu des municipales

Le problème, c'est que cette absence d'appétit présidentiel n'empêchera pas d'autres cadres LR, l'échéance se rapprochant, de juguler le leur. On pense par exemple à des personnalités telles que François Baroin, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand... ou même Laurent Wauquiez. "Nous n'y sommes pas", déclarait Christian Jacob le 21 juin dans les colonnes du Figaro.

En attendant, le campus du parti à La Baule le 31 août, en Loire-Atlantique, sera l'occasion pour les trois prétendants d'afficher une rivalité apaisée. La décision de ne pas organiser de débat télévisé va dans ce sens.

En mars prochain, l'enjeu sera tout autre. Les élections municipales seront de la plus haute importance, dans la mesure où elles permettront à LR d'évaluer la pérennité de son maillage territorial. La prolifération de candidats étiquetés "divers droite" (la valeur du label LR ayant chuté après l'échec des élections européennes) mettra sous tension la nouvelle équipe dirigeante de la rue de Vaugirard. Quel qu'en soit le chef.

Jules Pecnard