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Les maires de France adressent leurs doléances à l'Elysée

Emmanuel Macron reçoit des maires ce mercredi soir à l'Elysée, alors que le congrès de l'Association des maires de France se déroule cette semaine à Paris. Le rendez-vous sera l'occasion pour les élus de dire les griefs qu'ils nourrissent à l'égard du sommet de l'Etat.

il avait promis de revenir chaque année devant le congrès de l'Association des maires de France (AMF) et, douze mois plus tard, s'est contenté d'envoyer une lettre. L'impasse d'Emmanuel Macron sur ce rendez-vous annuel n'est pas faite pour apaiser les rapports déjà délicats entre l'exécutif et les maires, réunis à Paris jusqu'à jeudi, entre baisse des dotations et suppression de la taxe d'habitation. Cependant, le président de la République reçoit ce mercredi soir les élus dans son palais. Il accueillera tout d'abord le bureau de l'AMF, puis donnera une réception en l'honneur des maires. Pour ceux-ci, c'est avant tout l'occasion d'évoquer les griefs qu'ils nourrissent à l'égard de l'Etat devant celui qui en est le chef. 

"La pression s'est accrue sur les maires"

Sur notre plateau ce mercredi, Gaël Perdriau, maire LR de Saint-Etienne et membre du bureau de l'AMF, a lié ses doléances au contexte actuel: "Je vais lui demander d’écouter les Français et d’écouter les maires. L’exaspération des ‘gilets jaunes’ que nous voyons aujourd’hui, c’est la parole que nous portons, nous les maires, depuis plus d’un an." Et dans l'intervalle, la donne a empiré selon lui: "La pression s’est accrue sur les maires, sur le peuple français. La réforme du marché du travail ne porte pas ses fruits, le chômage augmente, le pouvoir d’achat est en baisse."

Pointant le régime budgétaire auquel doivent s'astreindre les communes, il a noté: "Les collectivités locales ont fait treize milliards d’euros d’économies pendant que l’Etat va accroître le déficit de plus de vingt milliards d’euros selon le projet de loi de finances de 2019." Une balance qui trouve des résonances trop concrètes à l'échelon municipal. "Quand vous fermez un bureau de poste dans le bourg d’un village, ou un quartier d’une grande ville, quand vous supprimez les contrats aidés dans une association qui œuvre auprès des enfants ou des adolescents, quand vous décidez de fermer des services publics parce que l’Etat baisse les dotations, les Français se tournent vers qui ? Vers le maire", a posé Gaël Perdriau. 

Mal-être

David Lisnard, maire de Cannes et vice-président de l'AMF n'ira pas, lui, à l'Elysée, ne voulant pas satisfaire à une "opération de rattrapage et de communication", selon les mots qu'il a employés sur notre chaîne. Mais, comme son confrère, il a dénoncé le décalage entre la gestion des mairies et celle qu'il attribue à l'Etat. Le malaise ne s'arrête pas là, toutefois, d'après lui:

"Le mal-être vient de la distorsion, de ce double discours et parallèlement, d’une recentralisation. On enlève de la capacité d’action aux maires par de la bureaucratisation, par des procédures de plus en plus complexes. Il y a donc certes des relations financières à clarifier mais il y a aussi la nécessité de régénérer la décentralisation, de la liberté d’action, de la responsabilité, de l’efficacité."

En petit comité, comme l'a retranscrit La Tribune, François Baroin, qui préside l'AMF, déplore quant à lui le manque de dialogue avec l'Etat notamment en ce qui concerne la réforme constitutionnelle: "Nous voulons consacrer la clause de compétence générale, l'autonomie financière et l'autonomie fiscale des communes mais nous n'avons pas eu de réponses!" Les conversations de cette soirée élyséenne ne devraient pas connaître trop de blancs. 

Robin Verner