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Jean-Guy Talamoni: "Nous ne voterons pas à l'élection présidentielle"

Invité de RMC et BFMTV, Jean-Guy Talamoni a rappelé son combat pour l'indépendance de la Corse. Et jugé que l'élection présidentielle ne le concernait pas.

Invité de Jean-Jacques Bourdin, le président de l'assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni s'est exprimé sur la présidentielle de 2017. Le leader du mouvement indépendantiste corse a expliqué, mercredi, que les membres de son mouvement ne "voteront pas" ni aux primaires, ni à l'élection présidentielle. 

"Pas vraiment concernés"

Militant d'une indépendance totale de la Corse, Jean-Guy Talamoni a expliqué qu'en tant que Corse, il ne se sentait pas "vraiment concerné". 

"En général nous nous abstenons. Elle (la présidentielle, ndlr) ne nous concerne pas vraiment en tant qu’indépendantistes (...) Nous avons des papiers français" a-t-il simplement répondu quand Jean-Jacques Bourdin lui demandait s'il était Français.

Jean-Guy Talamoni a par ailleurs rappelé que son mouvement militait pour l'indépendance, mais aussi pour trois mesures: la carte de résident, qui obligerait un citoyen à résider cinq ans en Corse avant de pouvoir acheter un bien immobilier, l'amnistie des "prisonniers politiques", dont Ivan Colonna, condamné pour l'assassinat du préfet Erignac, et l'officialisation de la langue corse. 

Les musulmans "doivent vivre avec nous"

Sur la question de la laïcité, Jean-Guy Talamoni s'est dit partisan d'une laïcité plus tolérante. "Nous avons une tradition politique christianisée. Sur la laïcité, nous avons été les premiers à instaurer la sécularisation et la tolérance religieuse", a rappelé l'élu qui a fustigé le gouvernement, notamment dans son attitude après les attentats contre Charlie Hebdo

"Je ne critique pas Charlie Hebdo, je critique le gouvernement qui a donné l’injonction aux survivants de Charlie Hebdo de faire un journal encore plus blasphématoire. (...) L’erreur ça a été de diviser la société française alors que c’était un moment où il était possible de solidifier la société française" a jugé l'élu corse.

Le leader indépendantiste a par ailleurs rappelé que "le salafisme et le wahabisme" n'étaient "pas les bienvenus" dans l'île. Jugeant que "les salafistes et les racistes sont des alliés objectifs", il a assuré que "les musulmans qui vivent avec nous depuis des décennies, en bonne intelligence, doivent vivre avec nous". 

Paul Aveline